La guerre contre la famille, une guerre contre la vie1

Jean-Marc BERTHOUD

Nous assistons aujourd'hui à un assaut généralisé contre la vie humaine. Les actes suivants ne sont pas autre chose que des crimes, revendiqués comme des droits : avortement, infanticide eugénique, euthanasie, destructions d'embryons surnuméraires découlant de fécondations in vitro, manipulation du code génétique humain, etc. Où s'arrêtera donc cette inhumanité scientifique, médicale et biologique, de l'homme à l'égard de l'homme ? Quel souvenir nous reste-t-il de l'aventure, pourtant si récente, de l'eugénisme planifié au niveau de tout un Empire par les nazis ? Il faut cependant nous remémorer que dès le début du siècle de nombreux savants allemands par leurs expérimentations scientifiques, biologiques et médicales, en faveur de l'eugénisme, de l'avortement et de l'euthanasie2, ouvrirent la voie au mépris de la vie et, par ce moyen préparèrent la voie aux divers génocides perpétrés par les nazis.

Pour prendre un deuxième exemple : en Union soviétique dès le début de la Révolution, la liberté d'avorter ouvrit, par son mépris radical de la vie humaine, une voie large à l'extermination ultérieure de nations entières3. A moins d'un redressement des consciences individuelles et du droit, réforme peu probable sans l'intervention directe du Créateur de toute vie, nous pouvons nous attendre en Occident à voir surgir des développements identiques provenant de causes toutes semblables. Le terrorisme intellectuel et médiatique exercé par un moralisme fonctionnant à rebours des exigences des commandements divins et la violente intolérance exercée envers ceux qui défendent, par leur pensée et par leurs actes, les interdits bienfaisants de la loi divine, n'augurent rien de bon pour notre civilisation. Car, même dans un pays aussi apparemment paisible que la Suisse, nous commençons à constater un esprit d'intolérance pour tout ce que Dieu déclare bon. Cette intolérance croissante va de pair avec la faiblesse de nos autorités politiques livrées à l'impuissance par un relativisme moral et juridique total. Ces données laissent prévoir que nos pays n'auront guère de peine à s'engouffrer dans la voie tracée par la République de Weimar4. Il importe au plus haut point de comprendre d'où proviennent chez nos contemporains des attitudes aussi inhumaines, un abrutissement tel de la sensibilité, un abandon aussi complet de tout sens moral5.

Je chercherai à traiter cette question en l'examinant à partir de deux points de vue différents :

— Premièrement, quelle est aujourd'hui l'attitude des couples face à la procréation ?

— Deuxièmement, quelle attitude inculquent nos écoles aux élèves sur la nature de l'homme et sur le lien créationnel établi par Dieu entre l'acte sexuel et la procréation ?

 

1. L'ordre divin pour le couple : la procréation

L'ordre de Dieu pour l'homme et pour la femme est clair :

 

Dieu créa l'homme à son image : Il le créa à l'image de Dieu. Homme et femme Il les créa. Dieu les bénit et Dieu leur dit : "Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la".

Genèse 1 : 27-28

La Bible tout entière nous rappelle inlassablement le lien organique établi par Dieu entre procréation humaine et bénédiction divine. Toute stérilité, et bien plus encore l'avortement involontaire, sont constamment considérés comme les plus grands des malheurs. L'avortement volontaire, étant un crime presque impensable dans une civilisation favorisant à ce point le respect de la vie, n'est, lui, quasiment pas mentionné par la Bible, voire est interdit (Exode 23 : 26)6. La vie humaine est un bien. C'est le don de Dieu par excellence, et la reproduction de cette vie est perçue comme un signe magnifique de la bonté de Dieu envers ceux qu'il a créés à son image. La Bible a une attitude foncièrement favorable à la procréation et ne connaît rien des craintes de nos contemporains face à la surpopulation hypothétique du globe. La Bible, dans son optimisme généreux, est le fondement du réalisme démographique plein d'espérance de penseurs contemporains tels Rousas J. Rushdoony, Julian Simon et Pierre Chaunu7.

Comme nous le verrons plus loin, toutes ces craintes quant au surpeuplement possible de la terre sont liées d'abord à la conception d'un progrès linéaire automatique de la civilisation (et en conséquence de la natalité), puis à une puissante propagande antinataliste savamment entretenue par des moyens extrêmement sophistiqués. Le refus de la vie (fruit inévitable du refus de Dieu) propre aux pays industrialisés, ainsi que le regain de mortalité dû au recul des facteurs hygiéniques et prophylactiques apportés par la civilisation occidentale dans les anciennes colonies européennes, sont en voie de donner raison à ces hommes prévoyants. Ce sont là les plus cinglants des démentis donnés par les faits eux-mêmes aux sirènes de l'utopie d'une prétendue croissance zéro de la démographie8.

De si grands malheurs impliquant la disparition possible de nations entières et le dépeuplement possible d'immenses régions du globe (par exemple l'Afrique noire) proviennent de cette confiance déplacée de l'homme moderne en sa capacité de faire le bien par sa seule sagesse et par l'usage de ses seules forces. Comme l'a si bien rappelé Soljénitsyne (mais qui y a prêté garde ?), nos maux proviennent tous de notre oubli de Dieu et de ses commandements. Le refus de recourir à toute intervention de la transcendance dans la vie pratique de nos nations n'a fait que progresser depuis la Renaissance. Et lorsque Dieu et ses Lois sont bannis, ni la culture, ni la civilisation, ni la vie elle-même, ne peuvent perdurer. Le monde moderne est aujourd'hui mis à rude épreuve par sa volonté impie de mise à l'écart du Créateur de la conduite de ses affaires. La Bible refuse au contraire un pareil pessimisme athée mortifère. Écoutons-la plutôt :

 

Car celui qui me trouve a trouvé la vie et obtient la faveur de l'Éternel. Mais celui qui pèche contre moi nuit à son âme ; tous ceux qui me haïssent aiment la mort.

Proverbes 8 : 35-36

La Bible ne considère aucunement que cette voie de suicide collectif, sur laquelle nous nous sommes si imprudemment engagés, soit devenue le sort inéluctable de notre civilisation en cette fin de XXe siècle. Tout au contraire, comme le Psaume 128 nous l'annonce si joyeusement, la prospérité et le bonheur sont la condition (avec des épreuves !) de l'homme qui marche dans les voies de Dieu :

 

Heureux quiconque craint l'Éternel

Et marche dans ses voies !

Tu jouis alors du travail de tes mains,

Tu es heureux, tu prospères.

Ta femme est comme une vigne féconde

Dans l'intérieur de ta maison ;

Tes fils sont comme des plants d'olivier,

Autour de ta table.

C'est ainsi qu'est béni

L'homme qui craint l'Éternel.

Psaume 128 : 1-4

Voici la voie que doit suivre le chrétien en cette fin pleine de confusion de ce deuxième millénaire de Christianisme. Non, nous ne devons pas nous laisser impressionner par les modes trompeuses si pessimistes et si craintives du monde. Nous devons bien plutôt craindre l'Éternel, mettre toute notre confiance en Lui, obéir dans la foi et par esprit de reconnaissance à Ses commandements bons et saints et nous attendre aux bénédictions de Dieu. Or, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, nos contemporains ont, pour leur perte, obstinément refusé cette voie de fécondité et de prospérité durable. En conséquence de leur rejet du Dieu vivant et vrai, ils ont été habités d'un véritable instinct de mort, précipités dans une fuite en avant vers un suicide collectif, fuite qui s'est aujourd'hui transformée en déroute par notre refus de voir le mal logé au coeur de notre civilisation, en nous, et par notre incapacité conséquente de lutter contre lui.

 

2. Cause première du suicide démographique collectif de l'Occident : l'oubli de Dieu et de Sa Loi

Une question se pose alors à nous : comment sommes-nous parvenus à une situation aussi désespérée ? Car il ne s'agit pas pour nous de nous désolidariser à bon compte de ce courant auto-destructeur. En tant que chrétiens, et chrétiens qui se réclament de l'Évangile, nous devons confesser que nous avons très largement partagé les vues de nos concitoyens, orientation spirituelle et pratique qui conduit notre civilisation au suicide. Nous n'avons guère été cette lumière du monde qui aurait dû éclairer les ténèbres de notre culture ; nous n'avons pas été ce sel de la terre qui, par sa résistance personnelle et publique au mal, aurait préservé nos nations de la gangrène qui les détruisait. Comment se fait-il que nous, les héritiers des lumières bibliques accumulées par nos pères, soyons parvenus à cette situation historique précise où la mort nous menace tous de la manière la plus immédiate, la plus tangible par le refus de descendance ? Livrons-nous ici à une brève analyse de ce qui s'est produit dans notre pays, la Suisse, durant ce dernier quart de siècle. Nous pourrons y voir que la perte du respect de la vie comme don de Dieu, cela souvent même dans des foyers qui s'affichaient chrétiens, et la disparition de l'attente heureuse d'un enfant (considéré comme un surnuméraire gênant et non comme une bénédiction), sont étroitement liées à la destruction de la structure biblique de la famille. Car, dans l'exercice de la plupart de ses fonctions proprement sociales, la famille a été remplacée par les assurances sociales et par des institutions qui, elles, dépendent étroitement de l'État. Le résultat fut simple : la disparition de l'indépendance réelle de la cellule familiale, le dessèchement des rapports de charité pratique dans les relations sociales et la perte quasi totale par ses membres, mêmes chrétiens, de toute confiance dans les secours pratiques provenant de la Providence divine.

 

3. La destruction de la structure millénaire de la famille

De tout temps, la famille, en obéissance au commandement universel, "Honore ton père et ta mère", s'était occupée de subvenir aux besoins de ses membres devenus âgés. Car il faut rappeler, le fait aujourd'hui devenu presque incompréhensible, que la prévoyance vieillesse s'est toujours, et cela jusqu'à une période très récente, exercée presque exclusivement dans le cadre de la famille élargie. Ce n'est qu'au XVIIIe siècle, avec les lumières d'une raison sans Dieu, qu'apparurent les premières assurances-vieillesse9. Un système familial de prévoyance vieillesse – le seul que connaisse la Bible – comportait les implications suivantes, implications toujours valables aujourd'hui :

— 1. Pour pouvoir assurer un secours fiable pour leurs vieux jours, les parents devaient à tout prix s'assurer la présence d'un certain nombre d'enfants qui seraient pour eux un bâton de vieillesse.

— 2. Plus encore, il fallait aimer et éduquer ses enfants, les élever de telle manière qu'une fois devenus eux-mêmes adultes, ils aient les capacités et les dispositions nécessaires à assumer l'obligation de s'occuper de leurs parents devenus vieux.

— 3. La famille, en tant qu'institution de secours mutuels de base de la société exerçait alors de nombreuses fonctions, aujourd'hui largement disparues : éducation, hospitalité, soins médicaux, secours divers (chômage) etc. Ces activités d'ordre social, qui aujourd'hui ne sont guère les siennes, impliquaient que la structure familiale devait à tout prix être maintenue solide. Ceci entraînait, d'une part, le respect de son ossature hiérarchique naturelle telle qu'elle a été établie par Dieu et, d'autre part, l'existence (et l'application) de sanctions sévères contre tous ceux qui chercheraient à l'affaiblir ou à la détruire. C'est ainsi que les crimes d'adultère, d'homosexualité et d'irrespect filial étaient sévèrement sanctionnés.

Avec la perte, dans la plus grande partie de notre peuple, de toute véritable crainte de Dieu (c'est-à-dire de toute volonté d'obéir à Ses lois) et la disparition de l'amour que nous Lui devons, l'amour du prochain s'est refroidi et les liens sociaux ont commencé à se relâcher, ceci tout particulièrement au sein des familles.

Les milieux les plus aisés ont petit à petit substitué à l'ancienne solidarité familiale entre les générations, des mesures de prévoyance individualistes fondées sur les assurances privées ou sur l'épargne. De telles mesures financières personnelles devaient remplacer l'appui familial provenant des sentiments ancestraux et des habitudes sociales de respect filial et d'amour pour ses parents, qui se dissipaient avec la foi, maintenant affaiblie, qui aurait dû les nourrir. Dans les classes plus démunies de la société qui ne pouvaient pas se permettre de telles mesures de prévoyance financière mais qui, elles aussi, subissaient les effets catastrophiques sur les moeurs de la déchristianisation de la société, les personnes âgées se sont souvent trouvées dans une situation matérielle et morale fort difficile.

L'adoption, en 1946, par le peuple suisse de la loi sur l'assurance-vieillesse et survivants (AVS), visait à répondre, par une solution essentiellement étatique, à cette grave crise de la prévoyance familiale. A une majorité écrasante, le peuple adopta cette solution administrative et financière au problème de l'affaiblissement organique de la famille, cellule de base de la société. Mais les causes de ce problème sont essentiellement spirituelles et morales. Car il témoigne de manière frappante de la perte dans notre peuple de sa foi dans les effets pratiques dans la vie familiale et sociale de la Providence souveraine de Dieu, ainsi que d'un rejet des commandements divins qui devraient structurer le fonctionnement normal de la famille, en particulier celui d'honorer son père et sa mère.

À une telle impasse sociale, la seule solution solide eût été la reconnaissance par le peuple de sa désobéissance aux commandements de Dieu, sa repentance et son retour à Dieu. Le retour à une telle obéissance morale aurait favorisé la constitution d'institutions sociales conformes à la volonté divine. Un tel repentir, un tel retour à Dieu aurait produit le renouvellement du respect et de l'amour pratique d'enfants envers ceux qui, leur ayant donné la vie et les ayant éduqués, avaient fait d'eux des adultes. Mais l'ignorance et le mépris de la Parole de Dieu par une grande partie des ministres protestants officiels, l'affaiblissement lamentable du clergé catholique et l'impuissance piétiste d'une grande partie des milieux évangéliques rendirent, non seulement impossible un tel retour à Dieu et à sa bonne Loi, mais empêchèrent les Églises, les autorités et le peuple suisse même de reconnaître l'existence du problème. Nous avons là le fruit empoisonné de l'évacuation par la critique biblique du respect attentif que tout chrétien devrait avoir pour le vrai contenu éthique de la Parole de Dieu10. L'antinomisme, la méconnaissance et le refus de la loi de Dieu, rend l'analyse de la crise par laquelle passe notre pays impossible. Ce manque de discernement nous empêche de porter réellement remède à cette situation désastreuse. Le palliatif étatique financier ainsi adopté mena tout simplement à affaiblir encore davantage la fonction proprement sociale de la famille et en contrepartie à accroître démesurément le pouvoir social de l'État. Il est vrai que les conséquences matérielles pénibles pour les parents âgés, délaissés par l'égoïsme pratique de leurs enfants, furent largement évitées, du moins pour un temps, mais cela sans que cet égoïsme lui-même fût en quoi que ce soit ébranlé.

Une des conséquences sociales de l'adoption de cette loi de prévoyance sociale étatique fut d'agrandir encore davantage l'écart séparant effectivement les enfants de leurs parents. Ce que nous appelons la crise des générations provient en partie de ce fossé. C'est ainsi que la croissante dislocation de la cellule familiale fut accélérée par une mesure qui avait l'apparence de répondre aux besoins véritables des familles. Les rapports entre les générations continuèrent à se refroidir. Mais à présent, les enfants pouvaient en toute bonne conscience ne pas accomplir leur devoir filial envers leurs parents, les abandonner, tant moralement que matériellement, sans pour autant qu'un tel abandon les conduise, comme cela avait trop souvent été le cas avant l'introduction de l'A.V.S., à un dénuement physique insupportable. L'État providence veillait à la place des enfants. Il prenait ainsi la place de Dieu et des institutions établies par Dieu. L'État remplaçait la Providence divine qui se manifeste concrètement par le moyen de l'amour filial des enfants envers leurs vieux parents. Les conséquences pratiques d'une telle trahison des enfants, d'une telle usurpation de l'État, ne se firent pas attendre.

Les jeunes couples n'ayant plus besoin d'assurer leurs vieux jours par le nombre suffisant d'enfants qu'ils mettraient au monde, la notion très concrète des enfants comme constituant une prévoyance vieillesse sûre capable d'assurer la survie des parents dans leurs vieux jours, disparaît complètement de l'horizon mental de la société. Il ne s'agissait plus d'une nécessité vitale pour les parents (leur propre survie !) de consacrer tous leurs soins à l'éducation de leurs enfants afin de leur inculquer une réelle piété filiale. De là vint également le manque d'éducation caractéristique de plusieurs générations de jeunes. Ainsi l'égoïsme naturel des parents fut renforcé, ce qui conduisit à une augmentation du nombre des divorces car les contraintes sociales ne travaillaient plus à la consolidation du couple. Ainsi se relâchèrent les ressorts intimes unissant tous les membres de la famille autrefois unis dans une vocation commune, vocation qui n'était pas simplement fondée sur le sentiment du moment mais sur des réalités bien plus fortes. La structure créationnelle hiérarchique et différenciée de la famille traditionnelle n'était plus justifiée par les réalités sociales. Tous les membres de la famille étaient en fait devenus les fils adoptifs de l'État paternel, véritable Providence de substitution, mais parfaitement sécularisée.

 

4. Conséquences de cette attitude antinataliste pour le respect de la vie à naître

Quelles conséquences une telle évolution de la structure familiale a-t-elle pu avoir sur le respect de la vie à naître ? La grande prospérité des années cinquante et soixante a fortement accentué ce matérialisme hédoniste pratique qui est devenu la religion dominante de notre pays. Cette période a vu l'apparition (cela tombait pile !) de la pilule contraceptive. Car une méthode contraceptive si facile et si efficace facilitait grandement la séparation complète, maintenant socialement acceptable, entre les plaisirs de la sexualité et ceux de la procréation, but fondamental (même s'il n'est pas unique) des relations conjugales11. Comme nous le verrons dans notre deuxième partie, ce développement coïncida avec une propagande antinataliste forcenée venant des États-Unis. Le spectre trompeur d'une imminente surpopulation du globe donna bonne conscience, et cela à très bon compte, à l'égoïsme hédoniste de nombreux couples (n'oublions pas la définition de l'hédonisme : toute doctrine qui prend pour principe unique de la morale qu'il faut rechercher le plaisir et éviter la douleur). Ne pas avoir d'enfants, ou en avoir un nombre strictement et volontairement limité, devenait la norme sociale. Ce comportement, ces moeurs, sont maintenant revêtus d'une approbation consensuelle quasi universelle dans le monde opulent d'aujourd'hui.

De bénédiction divine merveilleuse qu'il était jadis (et est toujours pour ceux qui savent l'accueillir), l'enfant non planifié est bien souvent devenu le plus grand des malheurs. Appuyée par la sclérose des liens familiaux, la mentalité contraceptive marquée du coin du refus de l'enfant s'est sans peine transformée – telle est la force brutale de l'égoïsme privé de tout frein – en une volonté de destruction à tout prix de l'intrus gênant. L'enfant non désiré et non planifié – le planning familial, par son efficacité technique presque absolue, remplaçant ici la Providence divine, qui est Elle, en fin de compte, l'Auteur de la vie – devenait une entrave insupportable à cette nouvelle religion de jouissance sexuelle pratiquée sous toutes ses formes12. Rien ne devait empêcher l'épanouissement égocentrique du moi maintenant divinisé. L'eudémonisme, le culte du bonheur, est devenue la religion dominante. Mais face à toute religion régnante chaque époque se découvre ses hérétiques, ceux qu'il faut à tout prix faire disparaître. Le bébé non désiré, non planifié, étant devenu l'hérétique de cette nouvelle religion, celle du plaisir sexuel, doit disparaître. Cet hérétique est alors sans vergogne et sans remords mis à mort sur les autels eudémoniques du matérialisme hédoniste. Et paradoxalement ces autels se trouvent être placés dans presque toutes nos maternités.

Ce refus du risque de l'enfant, ce goût d'une sécurité totale conduit à ce que Pierre Chaunu appelle fort justement la peste blanche, c'est-à-dire à l'effondrement démographique dramatique de nos sociétés. Le renversement de la pyramide des âges, qui en est l'inéluctable conséquence, réduira sous peu à tel point la part active de la population que tout le système de sécurité sociale, construit sur les fausses bases que nous venons de décrire, s'effondrera. Sans doute faudra-t-il alors chercher la solution au problème social et économique écrasant des vieux en surnombre dans la légalisation de l'euthanasie active. Voici dans quel paradis terrestre nous conduit le refus de l'enseignement divin sur la famille. Les Pays-Bas étaient jadis fortement marqués par un christianisme solide. Mais aujourd'hui la partie politiquement dominante de la population se trouve dans un état de décomposition morale et spirituelle avancé. Depuis 1973 environ l'euthanasie y est pratiquée de manière médicale, mais non officielle, sans que la mise à mort de personnes âgées soit poursuivie comme meurtre par les Tribunaux. Au mois de janvier 1993 cette situation fut modifiée lorsque le Parlement néerlandais légalisa l'euthanasie par un vote historique avec 91 voix pour, 45 contre et 14 abstentions. En 1991 déjà 2,1% des décès enregistrés dans le pays, soit 2730 personnes, provenaient d'actes de mise à mort médicales13.

Il est évident que les progrès de la médecine et de l'hygiène ainsi que ceux du confort matériel et de l'alimentation ne feront qu'aggraver le poids qui pèsera sur la société tout entière par le fait du vieillissement de la population. Mais il est à craindre qu'avec les progrès que nous faisons dans l'égoïsme et la poursuite des satisfactions purement matérielles, viennent en même temps à croître notre mépris pour notre prochain et notre dureté pour ces êtres fragiles que sont les personnes âgées. Seul le renversement de ce courant suicidaire, par un refus conscient de cette mentalité fondée sur une sécurité collective, en réalité sécurité purement individualiste où seul compte le court terme, et le retour à Dieu et aux enseignements de sa Loi pourront nous sortir de l'impasse terrible dans laquelle notre civilisation s'est fourvoyée.

 

5. L'école face au respect de la vie et à la nature de l'homme

L'école porte une très lourde responsabilité dans le développement de cette mentalité si inhumaine des hommes à l'égard de leurs semblables, marque dominante de tout le XXe siècle. Je voudrais ici attirer l'attention sur les effets de l'enseignement relatif à la nature et l'origine de l'homme donné dans les écoles aux enfants. Par leur enseignement de l'histoire et de la biologie, les écoles publiques et, du moins en Europe, la plupart des écoles confessionnelles, donnent aux enfants une vision essentiellement indifférenciée, matérialiste et athée de la vie, ainsi que de l'origine de la race humaine. La triple distinction que nous devons maintenir à la suite, tant de l'enseignement biblique lui-même que de celui des sciences naturelles, entre le néant et la matière créée à partir de rien14 ; entre le monde inorganique, matière simple, organisée, et le monde organique bien plus complexe et subtil que celui de la matière15 ; et, finalement, entre la vie non-humaine et la vie humaine créée à l'image-même de Dieu16, est ignorée. Ces distinctions fondamentales ont en effet été complètement escamotées par l'enseignement donné dans nos écoles et nos Universités.

D'une telle confusion s'ensuit le mépris de la matière (pollutions chimique et atomique), le mépris de la vie végétale et animale (mort des forêts, cruauté envers les animaux17) et le mépris des hommes (torture18, expérimentation sur des hommes vivants19, avortement, manipulation génétique20, etc.) et enfin violence de masse de toutes sortes, goulags communistes et nazis, guerre totale, extermination des populations civiles par bombardements massifs, famines artificiellement provoquées, etc. Il est ici particulièrement significatif de relever qu'un des fondements idéologiques, tant du nazisme que du communisme, a été la théorie de l'évolution fortuite d'une matière indifférenciée et homogène préconisée par Charles Darwin et ses successeurs. L'évolutionniste allemand Ernst Haeckel, disciple fervent de Darwin, a joué un rôle important dans le développement des idées eugénistes en Allemagne dans les années précédant la montée au pouvoir de Hitler21 (rappelons que l'eugénisme est la science des conditions les plus favorables à la reproduction et à l'amélioration de la race humaine). Il est par ailleurs attesté que Karl Marx aurait souhaité dédier la première édition de son Kapital à Darwin qui n'osa guère accepter un honneur aussi compromettant. Le léninisme est un matérialisme athée dont la pierre d'angle n'est autre que l'évolutionnisme lui-même. C'est cette théorie qui donna une justification idéologique aux prétentions scientifiques du marxisme. Pour ce matérialisme évolutif, les lois de la physique et de la chimie sont entièrement suffisantes par elles-mêmes pour assurer l'explication exhaustive de toute vie et de toute culture. Tant pour l'évolutionnisme que pour le marxisme, ce n'est rien d'autre qu'un "réductionnisme" radical, c'est-à-dire une démarche rationnelle qui tente d'expliquer des réalités complexes en des termes inadéquats, moindres. L'immense succès que rencontrent, parmi l'intelligentsia occidentale et particulièrement chez les biologistes, les écrits du représentant le plus en vue de l'évolutionnisme marxiste russe A. I. Oparine, démontre à quel point nous sommes totalement inféodés à cette mentalité simplificatrice. Évidemment, si, ni la matière, ni la vie, ni l'homme ne sont redevables d'un Créateur pour leur existence, rien ne peut avoir de sens en soi. C'est alors l'homme qui donne à toute chose le sens qui lui plaît. Dans une perspective aussi outrancièrement subjective tout devient permis. C'est bien ce que faisait remarquer Dostoïevski dans Les frères Karamazov : Si Dieu est mort, tout est permis. Notre civilisation évolutionniste et relativiste, dans sa volonté de refuser toutes limites dans ses recherches, rejoint ainsi parfaitement et le marxisme et le nazisme.

Cette idéologie pseudo-scientifique – en fait non-scientifique – que l'ancien doyen de la Faculté des Sciences de l'Université de Lausanne, Dominique Rivier, appelle fort pertinemment scientisme banal prévaut depuis avant la Première Guerre mondiale dans quasi toutes les écoles publiques et les Universités de l'Occident. Une des conséquences d'un tel enseignement revêtu de l'aura religieux de la Science sans conscience, est de faire perdre à tous les enfants qui le reçoivent de manière crédule la capacité de différencier les aspects variés des différents ordres de la nature. Ces discriminations essentielles qui nous permettent de varier notre comportement selon la réalité à laquelle on aurait à faire : ici une pierre, là un légume, là encore un animal ou un être humain, se trouvent être fortement atrophiées chez ceux qui subissent un tel bourrage de crâne, un tel lavage prétendument scientifique du cerveau. Évidemment, les premiers chapitres de la Genèse où ces distinctions sont si clairement marquées deviennent ou incompréhensibles, ou livrées à des interprétations des plus fantastiques. Dans une telle perspective, il devient également de plus en plus difficile de distinguer véritablement entre l'animal et l'homme, entre le végétal et l'animal, entre le végétal et le minéral. Ce que l'on peut se permettre de faire à l'animal, pourquoi ne pas le faire aussi à l'homme ? Le respect de la vie humaine prend ainsi un bien rude coup que ne pourront réparer toutes les démonstrations, elles, alors, véritablement scientifiques, de la continuité de vie entre le zygote (ovule fécondé), l'embryon et l'homme adulte. Par ce genre d'instruction soi-disant scientifique, la conscience et l'intelligence des écoliers est cautérisée, radicalement faussée.

Face à une telle situation, il faut absolument que les chrétiens réagissent des plus vigoureusement22.

— a) La prédication de l'Église doit enseigner aux chrétiens les vérités bibliques concernant la création et en particulier celle de la différenciation entre Dieu et l'univers. (La distinction Créateur–créature.) Selon le scientisme banal l'univers serait lui-même auto-évolutif, auto-créateur. Il ne faut pas oublier que l'évolutionnisme n'est au fond qu'une forme de panthéisme car il prétend que tout est Dieu, que Dieu et le monde ne font qu'un et qu'entre les différents aspects de la création il ne peut y avoir de comportements différenciés. Avant tout, les chrétiens doivent perdre leur respect idolâtre devant ce scientisme banal.

— b) Les parents doivent pouvoir démontrer à leurs enfants la fausseté, I'inanité de cet enseignement évolutionniste ingurgité de force à l'école. Plus encore, ils doivent pouvoir leur en décrire les conséquences historiques calamiteuses, particulièrement à notre époque, comme étant une des principales sources du mépris qu'affiche notre civilisation pour la vie humaine. Les chrétiens doivent sérieusement considérer l'obligation, que la corruption de l'enseignement public et confessionnel et les commandements précis de l'Écriture placent devant eux, de fonder des écoles véritablement chrétiennes. Dans de telles écoles, en continuité avec l'enseignement de l'Église et de la famille, un enseignement pourra être donné aux enfants qui leur apprendra à respecter les êtres humains, depuis leur fécondation jusqu'à leur mort, comme étant créés par Dieu à son image et à sa ressemblance.

 

6. L'école face au rapport créationnel entre l'acte sexuel et la procréation: l'apparition d'une éducation sexuelle amorale

Le récit biblique de la création de l'homme et de la femme nous apprend que Dieu a institué le mariage dans un double but :

— a) pour fournir à l'homme une aide semblable à lui qui puisse l'appuyer dans son mandat créationnel : soumettre la création à la loi de Dieu ;

— b) pour permettre la procréation d'êtres créés à l'image de Dieu ayant le devoir de remplir la terre et de la cultiver.

La sexualité humaine partage elle-même ce double but :

— a) établir la plus profonde communion entre l'homme et la femme : que l'homme et la femme soient une seule chair ;

— b) que cette union de deux êtres distincts dans le mariage produise à son tour une seule chair, celle de l'enfant que l'union physique du père et de la mère aura procréé.

L'enseignement le plus destructeur du respect de la vie dans l'esprit de nos enfants est sans le moindre doute celui qui passe sous le nom trompeur d'éducation sexuelle. Cet enseignement, tel qu'il est donné dans le canton de Vaud, en Suisse, par un organisme qui porte ironiquement le nom de Pro Familia, est caractérisé par les points suivants :

— 1. Il adopte entièrement l'indifférenciation pragmatique et évolutionniste qui caractérise le scientisme banal. Car cet enseignement, sur un sujet où la morale devrait avoir une place prédominante, est donné à l'exclusion de toute considération d'ordre moral quelconque. L'homme y est considéré uniquement sous son aspect physique. Mais comme l'homme ne peut agir sans poser un jugement sur le bien et le mal, c'est cette neutralité immorale qui devient la morale et la norme. Gare alors à celui qui la transgresse !

— 2. Il opère de manière systématique la dissociation radicale entre plaisir sexuel et procréation, coupant totalement l'acte sexuel de sa finalité créatrice. Il faut ajouter que si cette démarche sur le moment revêt, pour le moins, un caractère frustrant, à la longue elle aura des effets à proprement parler schizophréniques.

— 3. Il préconise la négation de la vie en indiquant tous les moyens disponibles (sans omettre l'avortement), pour éviter que l'acte sexuel aboutisse à son résultat naturel : la fécondation. Le mépris de toute vie nouvelle éventuelle, considérée comme ne constituant rien d'autre qu'un raté dans le cycle du plaisir sexuel, s'enracine ainsi dans la mentalité des jeunes.

— 4. Il présente de manière indifférenciée (égalitaire) toutes les déviations possibles et imaginables comme étant de valeur équivalente. Pour cette éducation sexuelle, le mariage monogamique tel qu'il est établi par la Bible n'est pas une option acceptable. Dans cet enseignement, dispensé sur un sujet des plus délicats, à des jeunes très influençables, la masturbation, le concubinage (ou la cohabitation), l'homosexualité, le lesbianisme, (parfois même l'inceste et la bestialité) sont présentés comme des options sexuelles possibles. Heureusement que certains ne vont pas aussi loin.

— 5. Dans un même temps on crée un droit absolu à l'enfant, au point que des couples stériles se livrent à d'innombrables manipulations (avec les conséquences destructrices que l'on connaît pour les embryons surnuméraires) afin à tout prix d'avoir leur enfant.

Il ne s'agit en aucun cas d'une éducation sexuelle conforme au caractère moral et spirituel de l'homme créé à l'image de Dieu et qui, en conséquence, devrait avoir un caractère véritablement éthique et religieux, tout en accordant une place non négligeable à des considérations physiologiques importantes23. Une chose est évidente : cet enseignement ne devrait pas être donné de façon publique, vu le caractère intime du sujet et la croissance différente des jeunes dans ce domaine. Ce qui se fait dans nos écoles n'a rien à voir avec une quelconque éducation sexuelle. Il s'agit d'une initiation à l'univers insensé, absurde et impie du Marquis de Sade24. Par ce moyen, l'école publique travaille à transformer notre société en Sodome et Gomorrhe.

Nous avons vu un exemple de cette démarche éducative amorale dans la réaction publique de nos autorités scolaires face au danger de contagion du SIDA dans les écoles publiques. Tant les instructions adressées aux enseignants que l'exposition destinée aux apprentis et aux gymnasiens furent confiées à Pro Familia, responsable de l'éducation sexuelle dans notre canton. Le résultat fut parfaitement conforme à tout ce que cette organisation pouvait nous laisser espérer dans la gamme du vulgaire et de l'inepte25. Dans cette perspective, la seule protection efficace contre le fléau du SIDA est la capote qui fut exposée sous toutes les couleurs lors des actions éducatives de Pro Familia dans les écoles, afin d'inciter les jeunes apprentis et gymnasiens à en faire un généreux usage. Par contre, le lien bien connu entre SIDA et le non-respect de règles éthiques, sodomie, hétérosexualité dévoyée et drogue, fut scrupuleusement passé sous silence26.

Nous vivons dans une civilisation aux tendances manifestement suicidaires. Voici une maladie qui provient essentiellement des conséquences hygiéniques et médicales de la permissivité sexuelle en général et plus particulièrement de la pratique de la sodomie, cette dernière étant elle-même la négation la plus absolue d'une sexualité procréatrice. On combat la maladie en cherchant à rendre la permissivité médicalement inoffensive et cela en favorisant l'usage de la capote, même dans les écoles. On soigne ici uniquement une des conséquences du mal et non son origine, sa cause. Remarquons cependant que les moyens que l'on préconise pour enrayer le mal ne peuvent qu'encourager dans la jeunesse cette permissivité qui en est la cause. Et la solution choisie pour arrêter le fléau, la capote, est celle qui, si elle est généralisée, ne peut qu'aboutir à la non reproduction de l'espèce, à la stérilité de la race. Mais d'où nous vient un tel vent de folie ? Quelles sont les sources politiques, idéologiques et financières de comportements si contraires au bon sens et au respect de la vie humaine ? Nous allons découvrir que cet enseignement sexuel parfaitement contre-productif trouve ses racines dans la politique internationale, tant à l'est qu'à l'ouest.

 

7. Petite histoire internationale de l'éducation sexuelle : comment se rejoignent capitalistes et communistes

Comme le disait il y a bien longtemps le Président Franklin D. Roosevelt, rien d'important ne se passe dans ce monde sans que certaines personnes ne l'aient voulu. Il faut alors nous demander quels sont les promoteurs d'une politique et d'un enseignement si contraires à l'instinct de conservation de la race humaine. Nous pouvons aujourd'hui dresser les grandes lignes de l'histoire de l'éducation sexuelle. Il existe deux filières dans la promotion d'une éducation par et pour la perversité. Toutes deux tirent leurs racines du libertinage moral et du libéralisme politique issus de la Révolution française.

 

A) Le néo-malthusianisme planétaire de la ploutocratie occidentale

Le mouvement que nous examinons d’abord est associé à ce qui est habituellement appelé le malthusianisme, système de pensée économique et social élaboré par un ecclésiastique anglican du XIXe siècle, Thomas Malthus (1766-1834), qui préconisait une restriction volontaire (ou obligatoire) de la procréation pour compenser la stagnation inéluctable de la production alimentaire. La filière politique et idéologique issue de cette pensée est étroitement associée au nom d’une américaine, Margaret Sanger (1883-1966), disciple du célèbre sexologue anglais, Havelock Ellis. Cette tradition liait l’eugénisme biologique d’origine darwinienne et le pessimisme néo-malthusien, hanté par la crainte de la surpopulation que ne suivrait pas la croissance de la productivité agricole. À cela s’associait un engagement actif dans la pratique de perversions sexuelles et une haine radicale de la famille. Margaret Sanger fut la fondatrice en 1942 de la société mère de tous les organismes d’éducation sexuelle dans le monde, la trop célèbre Planned Parenthood of America. Avec le SIECUS (Sex Information and Education Council of the United States), Planned Parenthood est certainement l’organisation qui a le plus oeuvré à la destruction des bases chrétiennes de la moralité sexuelle aux États-Unis. Ces mouvements ont été préparés de longue date par la Birth Control Review, (1917-1938) dirigée également par Margaret Sanger. Ces organisations ne se limitent aucunement à dispenser un planning familial, mais travaillent à promouvoir un projet de société à la fois éthique, culturel et politique. Sur le plan politique, nous les trouvons très liés à tout le mouvement mondialiste associé aux Nations Unies (l’OMS, l’UNESCO, etc.) ainsi qu’aux milieux financiers américains gravitant autour de la famille Rockefeller.

Certains des thèmes constamment avancés par la Birth Control Review en disent long sur l’orientation véritable de ce mouvement :

 

— Davantage d’enfants bien portants ; moins de débiles. Voilà le but principal du contrôle des naissances.

— Le contrôle des naissances : pour créer une race de pur-sang.

— Le lit conjugal est l’influence la plus corruptrice de la société27.

Nous pouvons constater les liens étroits qui unissent les différents mouvements eugénistes qui sont apparus au XXe siècle et la vision darwinienne de la bienfaisante survie des plus aptes. Nous retrouvons cette manière de voir dans l’idéologie nazie, dans les théories pseudo-scientifiques du mouvement GRECE28 ou encore dans tous les organismes issus dans divers pays de Planned Parenthood. Sur les résultats étonnants obtenus par l’action missionnaire infatigable de Margaret Sanger, Elasah Drogin nous donne l’aperçu suivant :

 

Beaucoup de gens pensent que toute pensée raciste de type eugéniste aurait cessé avec la fin de la Deuxième Guerre mondiale et la condamnation des criminels de guerre nazis. Mais ceci est loin d’être le cas. La pratique du génocide racial fait largement partie des nouvelles moeurs du monde moderne. Ce triomphe de l’eugénisme dans le monde est avant tout l’oeuvre de Margaret Sanger qui a su substituer, à la violence à peine déguisée des nazis, une propagande psychologique autrement plus efficace. Aujourd’hui, tant ceux qui bénéficent de l'aide sociale de l'État que ceux qui souffrent de la pauvreté, sont souvent entraînés, en tant que minorités, à une forme de suicide racial par stérilisation ou par avortement en apparence librement consentis. Mais les incitations économiques cruelles invisibles qui poussent de nombreux pauvres à sacrifier leur fertilité et leurs enfants sur l’autel de la nécessité économique n’apparaissent jamais. (…) La stérilisation et l’avortement sont en effet des actes de génocide. Ils sont bien plus efficaces comme moyens d’extermination de races minoritaires que tout ce que Hitler et ses adeptes ont pu concocter à une époque où ils étaient devenus les propriétaires de la plus riche nation d’Europe. Là est l’éloge le plus éloquent du génie de Margaret Sanger qui, pour la première fois dans l’histoire, a su mettre en place un programme eugénique mondial efficace29.

Les idées de Margaret Sanger ont été adoptées par des organismes tels le Population Council fondé à New York en 1952 et l’International Planned Parenthood Federation établie à Bombay la même année. Ces différents organismes ont bénéficié du soutien très considérable des grandes fondations américaines, les fondations Rockefeller, Ford, Carnegie, etc., entièrement acquises à la vision élitiste et eugénique de Mme Sanger. Le Conseil de Population de New York sera dès lors le cerveau du combat mondial contre la vie, tandis que la Fédération internationale de Planning familial de Bombay en deviendra l’agent exécutif. Ces organismes sont les moyens qu’utilisent les milieux de la finance internationale pour implanter partout dans le monde les aspects eugéniques du mondialisme. C’est ici l’agenda eugénique des organismes partiellement secrets tels le Council on Foreign Relations à New York ainsi que ses filiales les Bilderbergers et la Trilatérale, organismes qui se veulent être le gouvernement caché du monde. L’ONU, l’OMS et l’UNESCO entrent évidemment dans ce jeu de massacre.

C’est ainsi qu’on a monté une campagne extraordinaire en faveur du planning familial, de la limitation des naissances, de la stérilisation, de l’avortement et de l’euthanasie, et cela dans le monde entier30. Pour donner une idée des fonds mis en jeu par cette campagne anti-nataliste, la seule Fondation Rockefeller, entre 1963 et 1972, y consacra au moins 50 millions de dollars. Pour la période allant de 1962 à 1972, la Fondation Ford fournit, elle, 89 millions de dollars pour cette cause. Par ailleurs, les pouvoirs publics, surtout aux États-Unis, y consacrent des sommes très importantes31.

Entre 1962 et 1973, pas moins de dix importantes conférences internationales furent organisées par le IPPF dans le monde entier en vue de faire progresser la cause de la croissance population zéro. Le premier signe d’arrêt de cette politique eugénique fut la révolte des pays du tiers monde lors de la conférence de Bucarest d’août 1974. De nombreuses délégations de pays en voie de développement ont alors compris sur quelle voie – celle d’un génocide imposé en douceur – on voulait les mener.

Mais les choses ne se passent guère comme les organisateurs de cette campagne eugénique mondiale l’aurait souhaité. Souvent, nous dit la Bible, celui qui creuse une fosse pour son prochain, y tombe lui-même (Psaume 7 : 14-15). Le plan de destruction eugénique, dirigé avant tout contre le tiers monde et les couches déshéritées des populations de nos pays, s’est retourné contre les nations développées et même contre l’élite qui prétend diriger cette manoeuvre. Car il semble bien que sur le plan démographique, par la chute dramatique de son taux de natalité, l’Occident soit lui-même en voie de disparition irrémédiable.

La place de l’Occident déchristianisé sera prise, ou par l'Islam, ou par des nations et des races plus récemment touchées par l’Évangile et donc moins enclines à s’abandonner à cet orgueil, marque des nations apostates, qui prétendent à une totale maîtrise de leur destin. Cet orgueil conduit au suicide démographique collectif que nous constatons partout dans le monde industrialisé. A moins que les chrétiens d’Occident ne commencent à comprendre qu’en revenant à la vision biblique du respect de la vie, en acceptant joyeusement les enfants nombreux que Dieu pourrait dans sa bonté leur donner, et en les élevant selon les normes de l’Écriture, ils sont au bénéfice des promesses bibliques selon lesquelles ils deviendront les héritiers des richesses des nations.

 

B) La politique totale de l'Union soviétique

Dans le manuel de guerre psychopolitique soviétique utilisé pendant les années trente dans les écoles de formation d'agents communistes destinés à travailler à la subversion des États-Unis, nous lisons les recommandations suivantes :

 

En travaillant à réaligner le système de loyauté de nos adversaires, il nous faut pouvoir saisir les leviers de commande de leur système de valeurs. Tout animal a une loyauté première envers lui-même. Cette première loyauté doit être détruite en convainquant nos adversaires de leurs propres erreurs : leurs faiblesses de mémoire, leur incapacité de s'engager dans l'action, le peu de confiance qu'ils peuvent avoir dans leurs propres réactions.

La deuxième loyauté de l'animal humain est envers la cellule familiale, envers ses parents, ses frères et soeurs. Ce lien peut être détruit en diminuant l'indépendance économique de la famille, en amoindrissant le respect pour le mariage, en facilitant les divorces et en favorisant l'éducation des enfants, dès leur plus jeune âge, par les institutions de l'État partout où cela s'avère possible. (…) Il faut, par ailleurs, pousser les adolescents à la révolte contre leurs parents. (…) L'opérateur psychopolitique peut aisément créer des sentiments chaotiques, un sens d'insécurité et de futilité chez ces jeunes en rendant des drogues facilement accessibles, en encourageant la violence exubérante de la jeunesse et en incitant les jeunes à une liberté sexuelle complète et anormale. L'opérateur rendra ainsi cette jeunesse disponible à la solution qui lui ouvrira les portes de toutes les libertés : le communisme32.

Comment ces agents communistes s'y sont-ils pris pour dissoudre les assises morales d'un peuple à forte tradition catholique comme les Polonais ? Voici ce qu'écrit Pierre Lenert dans son ouvrage, L'Église catholique en Pologne :

 

Les préservatifs sont en vente partout, même dans les kiosques à journaux. Leur propagande ne cesse de s'intensifier. L'initiation sexuelle des jeunes est favorisée par les programmes scolaires d'un réalisme souvent brutal, par la tolérance, sinon connivence, des directions des maisons d'étudiants, par une presse dévergondée, etc. (…) Certains indices font présumer que les milieux laïcs comptent sur la dépravation des moeurs, chez les jeunes surtout, pour extirper les "préjugés religieux" et s'implanter à leur place33.

Pour voir ce qui se passe en Occident et quelle est l'attitude des communistes chez nous, il est utile de citer quelques extraits d'un article paru dans la publication cinématographique officielle du Parti Communiste Italien, Documents du Cinéma :

 

Pour des raisons de tactique, notre but est de défendre toutes les entreprises pornographiques entièrement libérées des restrictions imposées par les lois de la morale commune, en représentant l'oeuvre comme étant le résultat logique de la parfaite liberté artistique aujourd'hui à la mode. C'est notre devoir de poursuivre résolument cette politique et, plus encore, quand les films projetés sont des plaidoyers en faveur de l'homosexualité34.

La pensée marxiste sur cette question est tout ce qu'il y a de plus clair et parfaitement cohérente. C'est par la dépravation des moeurs qu'on détruira la famille, ce bastion de toute résistance au totalitarisme de l'État socialiste35. Dans ce même article, parlant de ces bourgeois qui soutiennent le droit à la liberté de la pornographie (ou de l'éducation sexuelle permissive), l'organe cinématographique du Parti communiste italien affirme :

 

(…) de tels bourgeois, quelques cyniques et irresponsables qu'ils soient, combattent pour notre cause. (…) Ils sont des fourmis qui travaillent pour nous sans le savoir et sans qu'on ait à les payer pour cela, en dévorant les racines mêmes de la société bourgeoise36.

N'oublions pas que pour le marxisme, société bourgeoise est synonyme de société chrétienne, comme morale bourgeoise équivaut à loi de Dieu. Dans une même perspective, le professeur d'Université marxiste Roger Lefebvre, de l'Université de Nanterre, déclarait au journal Le Monde du 16 juin 1967 de la manière la plus explicite, qu'une :

 

(…) véritable révolution sexuelle au sein d'une vaste éducation de masse (devrait) permettre à la vieille société dans laquelle nous vivons de laisser la place à une nouvelle société et à de nouveaux types humains37.

Nous voici à nouveau en pleine mythologie évolutionniste où la dialectique matérialiste permet à la société de produire de nouveaux types humains. Lefebvre savait en fait de quoi il parlait. En 1986, nous célébrions dans le canton de Vaud le vingtième anniversaire de Pro Familia, organisme local d'éducation sexuelle dans les écoles publiques. La politique préconisée par Roger Lefebvre avait bel et été mise en place. Dans cette perspective, il n'est guère surprenant de constater que Tim La Haye, dans son excellent ouvrage sur le combat contre les ravages de l'humanisme athée dans les écoles publiques aux États-Unis, constate que les responsables principaux de l'organisation faîtière de l'éducation sexuelle aux États-Unis sont fortement marqués à gauche, voire marxistes38. Les deux courants se sont rejoints : le totalitarisme marxiste et le mondialisme de certains milieux financiers de l'Occident.

Nous devons cependant faire remarquer que la pratique systématique du communisme à l'extérieur des pays qu'il domine totalement ne peut évidemment pas s'appliquer aux pays où il détient tout le pouvoir. Dans ces derniers pays placés entièrement sous sa coupe, des méthodes subversives, telles l'éducation sexuelle, la pornographie et l'incitation à l'homosexualité, encouragés dans des pays à abattre, ne sauraient être admises, étant contraires aux intérêts de l'État. Ces dirigeants communistes reconnaissent fort bien qu'il n'y a pas trente-six façons de construire une société, même une société totalitaire. C'est ce dont témoigne cette intéressante remarque de Charles Bugnon, président depuis de longues années de l'Association Pro Familia, organisme que l'État a chargé de dispenser l'éducation sexuelle dans les écoles publiques du canton de Vaud :

 

Une fois que je parlais de notre méthode démocratique (il s'agit de la pratique de dynamique de groupe dans les classes d'éducation sexuelle dirigées par Pro Familia, réd.) d'aider les jeunes à prendre conscience de leur identité sexuée dans un climat de liberté, devant l'attaché culturel de l'URSS en Suisse, et j'imagine facilement que cet homme se situe politiquement à gauche, j'ai vu ce dernier lever les bras au ciel et tenir un discours cohérent qui me semblait sortir de la bouche d'un des disciples de Mgr. Lefebvre, à Écône. Ce discours était violent, et je sentais cet homme prêt à utiliser tous les moyens coercitifs et répressifs contre ma façon de penser, si j'avais voulu intervenir dans sa juridiction39.

Comme nous l'avons montré dans notre étude, L'Éducation sexuelle : l'affaire de l'école ou l'affaire des parents40, et comme le montre également Tim La Haye dans son excellent ouvrage L'Éducation sexuelle est pour la famille41, la solution à cette manipulation systématique des enfants, est de faire en sorte que les familles elles-mêmes se chargent de répondre à leurs questions en leur expliquant non seulement les merveilles de la reproduction de la vie humaine, mais le fait que le lien parental monogamique est le seul dans lequel la procréation et les joies de l'intimité sexuelle soient légitimes. Bien plus encore, ces vérités doivent être prouvées en remplissant nos foyers de ces créatures merveilleuses de Dieu, chacune faite à son image, que sont les petits enfants. Ainsi sera véritablement manifesté le respect de la vie humaine dans nos familles.

 

Conclusion

Dans ces temps mauvais dans lesquels nous sommes appelés à vivre en chrétiens, il nous faut encore autre chose. Il nous faut avoir la force et le courage de voir le mal en face. La Bible nous parle souvent de ce mal, et souvent aussi d’hommes voués corps et âme à l’accomplissement du mal et cela par tous les moyens et avec la dernière résolution. Comme ces lymphocytes sentinelles (ces globules blancs dont la tâche est de discerner la présence de micro-organismes dangereux pour la santé du corps humain) sont mis hors d’action par les attaques spécifiques du rétrovirus du SIDA (ce qui rend impossible la lutte contre l’ennemi du corps), de même il semblerait que le diable soit parvenu à émousser la capacité de l’Église à reconnaître le mal qui ronge nos sociétés. Ainsi nous ne sommes plus capables de percevoir les ennemis de nos âmes et de nos corps, de nos familles et de nos cités, de nos nations et, avant tout, de l’Église de Dieu.

Nous n’avons souvent plus cette saine discrimination entre le bien et le mal qui est la condition indispensable pour lutter contre le mal. Souvent nous ne voulons pas croire (tant nous sommes infectés par la confiance en l’homme, tant notre tolérance, notre respect des hommes est sans discernement) qu’il puisse exister aujourd’hui dans nos pays des hommes résolument décidés à faire le mal. Pourtant c’est exactement cela qu’à maintes reprises la Bible affirme de la manière la plus nette. Ce ne sont pas seulement des personnages excessifs, des Hitler, des Staline, des Amin Dada, des Pol Pot qui incarnent le mal. Ce mal est là devant nous, au sein de nos sociétés confortables. Sa présence nous crèverait les yeux si nous daignions les ouvrir pour le voir. Et c’est seulement en prenant soigneusement sa mesure qu'il sera possible de commencer à prendre les décisions qui permettront, avec l’aide de Dieu, de le vaincre. Car seul le Christ par sa victoire sur la croix de Golgotha est parvenu à vaincre le Diable, l’enfer, le péché et la mort. C’est contre notre coupable naïveté que nous avertissent ces paroles dont l’auteur aurait lui-même bien fait de mieux saisir pour son propre compte la portée dramatique :

L’opinion publique mondiale semble incapable d’accorder qu’il y ait "du bien et du mal". (…) Le succès planétaire de sectes biscornues jamais en peine de guérisons miracles manifeste que la promesse "il y a du bien" fait aisément recette. Par contre, l’annonce "il y a du mal" ne séduit guère, à preuve, l’incrédulité, l’embarras ou la franche réprobation qu’une telle affirmation suscite. On croit ne croire en rien du tout, non sans démentir en permanence, car la variété et les variations de la croyance ne valent pas sa disparition. Il n’est qu’au mal qu’on ne croit plus. (…) C’est l’idée du mal qui manque, et elle seule ; aucune montre ne marque la même heure dès que minuit a disparu. Le nihiliste n’est pas celui qui dit : "Il n’y a pas de bien", mais celui qui promet : "Il n’y a pas de mal". (…) Le principe de base de ce nihilisme n’est pas la dévalorisation du suprême mais une méthodique ignorance de l’infâme qui en occulte l’expérience42.

Il est grand temps qu’en revenant à la vision biblique du mal – définie par la loi immuable de Dieu résumée dans les Dix Commandements – nous ouvrions la porte au retour du bien, à l’action de Jésus-Christ. Il est grand temps que nous nous débarrassions de notre infatigable angélisme chrétien qui parle, discourt et s’agite comme s’il n’y avait rien qui allait mal. Nous devons redécouvrir ce regard lucide, impitoyable, regard qui refuse de fléchir devant le mal partout présent dans notre époque où fleurit le mépris de Dieu et de ses lois. Mais qu’il nous est devenu difficile de percevoir ce mal ! Car au fur et à mesure que grandissait le mal, nous nous sommes toujours davantage compromis avec lui. Ce regard inflexible, incorruptible, impartial doit être au commencement et à la fin de tout ce que nous entreprendrons pour le bien. Car le mal va jusqu’à se camoufler derrière le masque du bien pour mieux séduire les innocents. Nous vivons une époque à proprement parler devenue monstrueuse à force d’hypocrisie. C’est en reconnaissant cette réalité, en définissant tout à nouveau à la lumière de la Parole de Dieu, ce qu’est ce mal qui nous envahit de toutes parts, et en luttant avec toute l'énergie que Dieu saura nous donner contre ces iniquités, que nous accomplirons ce que notre Seigneur attend de nous et que l'Église de Jésus-Christ redeviendra ce sel de la terre, cette lumière du monde, cette puissance de Dieu devant laquelle les plus redoutables citadelles de l'enfer devront tomber. Car, nous dit Jésus-Christ, c'est la foi des chrétiens fidèles et obéissants qui, en fin de compte, est victorieuse du monde.

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1 Conférence donnée au Congrès Eurovie tenu à Paris les 6 et 7 juin 1987.

2 Voyez l’article de H. O. J. Brown, Lessons from Nazism dans The Human Life Review, Vol. XIII, No. 2, Spring 1987 ; William Brennan, Medical Holocausts. Exterminative Medecine in Nazi Germany and Contemporary America, Nordland, New York, 1980 ; Robert Jay Lifton, The Nazi Doctors. Medical Killing and the Psychology of Genocide, Basic Books, New York, 1986 ; Michael Burleigh, Death and Delivrance, Euthanasia in Germany 1900-1945, Cambridge University Press, Cambridge, 1994.

3 Pierre Chaplet, La Famille soviétique. Étude historique et juridique, Marcel Giard, Paris, 1929 ; F. N. Lee, Communist Eschatology. A Christian Philosophical Analysis of the Post-Capitalistic Views of Marx, Engels and Lenin, Craig Press, Nutley, New Jersey, 1974.

4 Charles Rice, Beyond Abortion. The Theory and Practice of the Secular State, Franciscan Herald Press, 1979.

5 Paul Johnson, Une Histoire du Monde moderne de 1917 à 1980, 2 vols, Laffont, 1985 ; Marcel De Corte, Essai sur la Fin d'une Civilisation, Médicis, Paris, 1949 et Incarnation de l'Homme, Psychologie des Moeurs contempraines, Médicis, Paris, 1942 ; Gabriel Marcel, Les Hommes contre l'Humain, La Colombe, Paris, 1951.

6 Richard L. Ganz (Ed.), Thou Shalt not Kill. The Christian Case against Abortion, Arlington House, New Rochelle, 1978 ; Alexandre Lukasik et Daniel Rivaud, L'Avortement : la Tragédie cachée d'une Société qui s'effondre, Éditions Nouvelle Alliance, Cortaillod, 1994.

7 Rousas J. Rushdoony, The Myth of Over Population, Thoburn Press, Fairfax, 1975 (1969) ; Jacqueline Kasun, The War Against Population. The Economics and Ideology of Population Control, Ignatius Press, San Francisco, 1988 ; Julian Simon, L'homme notre dernière Chance, P.U.F., Paris, 1985 (1981) ; Pierre Chaunu, Une autre Voie, Stock, Paris, 1986 ; Jean-Claude Chesnais, La Revanche du Tiers Monde, Laffont, Paris, 1987 ; J. A. Walter, The Human Home. The Myth of the Sacred Environment, Lion Publishers, Tring ; J. Simon and H. Kahn, The Resourceful Earth, Basil Blackwell, Oxford, 1984.

8 Voyez l'ouvrage remarquable de P. T. Bauer, Mirage égalitaire et Tiers Monde, P.U.F., Paris, 1984 (1981) et celui plus populaire de Pascal Bruckner, Le Sanglot de l'Homme blanc, Seuil, Paris, 1983. Sur le déclin démographique catastrophique de l'Occident voyez les nombreux ouvrages fondamentaux de Pierre Chaunu dont, Le Refus de la Vie, Calmann-Levy, Paris, 1975 ; Un Futur sans Avenir, Calmann-Levy, Paris, 1979 ; Histoire et Imagination, la Transition, P.U.F., Paris, 1980.

9 Jean Halpérin, Les Assurances en Suisse et dans le Monde, La Baconnière, Neuchâtel, 1946. Voyez également, Christian Combaz, Éloge de l'Âge dans un Monde jeune et bronzé, Robert Laffont, Paris, 1987.

10 Les théologiens protestants parlent toujours d'éthique, même s'ils disent le contraire de ce qu'affirme clairement la Bible. Voyez à ce sujet notre livre : Jean-Marc Berthoud, Apologie pour la Loi de Dieu, L'Age d'Homme, Lausanne, 1996.

11 Sur les méthodes dites "naturelles" de régulation des naissances, méthodes qui n'excluent pas a priori toute possibilité de fécondation résultant des rapports conjugaux, et qui, en conséquence, ne détournent pas l'acte sexuel entièrement de sa finalité procréatrice, voyez les ouvrages suivants : Evelyn Billings, Méthode naturelle de Régulation des Naissances, Éditions Paulines, Québec, 1979 ; Joseph Rötzer, La Régulation naturelle des Naissances, Mediaspaul, Paris, 1987 ; René et Marie Sentis, Amour et Fécondité : l'Église pour la Vie, Fayard, 1986. D'un point de vue protestant : Charles D. Provan, The Bible and Birth Control, Zimmer Printing (410 West Main Street, Monongahela, PE 15063, U.S.A.), 1989.

12 C'est la volonté humaine d'exclure de manière absolue la Cause Première, le Dieu créateur, de l'acte de procréation qui est ici à mettre en cause. Il s'agit en fait de la déclaration d'indépendance du couple face à la souveraineté bienfaisante de Dieu dans l'acte le plus intime et le plus créatif de la vie humaine. Dans ce domaine, comme pour ce qui concerne les affaires, le chrétien doit pouvoir dire avec l'apôtre Jacques,

A vous maintenant qui dites : Aujourd'hui ou demain nous irons dans telle ville, nous y passerons une année, nous y ferons des affaires et nous réaliserons un gain ! Vous qui ne savez pas ce que vous serez demain ! Vous êtes une vapeur qui paraît pour un peu de temps, et qui ensuite disparaît. Vous devriez dire au contraire : Si le Seigneur le veut, nous vivrons et nous ferons ceci ou cela. Mais maintenant vous vous glorifiez dans votre présomption. Toute gloriole de ce genre est mauvaise. Si quelqu'un sait faire le bien et ne le fait pas, il commet un péché.

Jacques 4 : 13-17

13 Présent du 11.2.1993. Sur le cas néerlandais voyez l'étude de Carlos F. Gomez, Regulating Death. Euthanasia and the Case of the Netherlands, The Free Press, New York, 1991. Voyez également : Thomas N. Davis, No Final Exit. A Psychiatrist's Rebuttal, New Puritan Library, (91 Lytle Road, Fletcher, NC 28732, USA), 1992 ; John F. Kilner, Arlene B. Miller et Edmund D. Pellegrino, Dignity and Dying. A Christian Appraisal, Paternoster Press, Carlisle, 1996. Voyez également une étude plus ancienne : Raymond Charles, Peut-on admettre l'Euthanasie, Enseignement et Perfectionnement Techniques, Paris, 1955.

14 Voyez de Stanley Jaki, Science and Creation, Scottish Academic Press, Edinburgh, 1986.

15 Magnus Verbrugge, Alive. An Enquiry into the Origin and Meaning of Life, Ross House Books, Vallecito, California, 1984.

16 Je suis redevable pour ces distinctions aux remarques du physicien américain Frederick Skiff. Voyez son article intitulé Notes sur l'Application des Arguments thermodynamiques sur la question qui oppose la création à la génération spontanée, dans Positions Créationnistes, No. 3, 1987. Voyez aussi A. C. Custance, Genesis and Early Man, Zondervan, Grand Rapids, 1977 et N. M. de S. Cameron, Evolution and the Authority of the Bible, Paternoster Press, Exeter, 1983.

17 Jean Gaillard, Les Animaux nos humbles Frères, Fayard, Paris, 1986.

18 Alec Mellor, La Torture, son Histoire, Mame, Paris, 1961.

19 Henri Baruk, Essais sur la Médecine hébraïque dans le cadre de l'Histoire juive, Colbo, Paris, 1985. Toute l'oeuvre de ce remarquable neurologue et psychiatre juif qui fait le pont entre la médecine moderne et la Torah, mérite notre attention.

20 Sur l'éthique médicale voyez : Nigel M. de S. Cameron, The New Medecine. Life and Death After Hippocrates. Crossway Books, Wheaton, 1991 ; John M. Frame, Medical Ethics. Principles, Persons and Problems, Presbyterian and Reformed, Phillipsburg, 1988 ; Franklin E. Payne, Biblical Medical Ethics. The Christian and the Practise of Medecine, Mott Media, 1985 ; John F. Kilner, Nigel M. de S. Cameron and David L. Schiedermayer, Bioethics and the future of Medecine. A Christian Appraisal, Paternoster Press, Carlisle, 1995.

21 Voyez sur ce sujet les ouvrages de Georges Naughton, Le Choc du Passé. Avortement, Néonazisme, Nouvelle Morale, et "Morituri." L 'Humanisme biologique et le racisme scientifique, G.A.R.A.H, (B.P. 54, F-78170 La Celle Saint-Cloud).

22 Pour alimenter une telle réaction la lecture de deux ouvrages est indispensable : Michael Denton, Évolution. Une Théorie en crise, Flammarion, Paris, 1992 et P. E. Johnson, Le Darwinisme en question, Pierre D'Angle, Paris, 1996.

23 Sur la manière dont il faudrait dispenser une éducation sexuelle saine, nous vous indiquons les ouvrages suivants : Connie Marshner, Decent Exposure. How to Teach Your Chidren About Sex, Wolgemuth and Hyath, Brentwood, Tennessee, 1988 ; Tim Lahaye, Sex Education is for the Family, Zondervan, Grand Rapids, 1985 ; A.V.P.C., L'Éducation sexuelle, I'affaire de l'école ou celle des parents ?, dans ce livre, Annexe III ; André Roche, Amour ou Sexualisme ?, C.L.C., (31, rue Rennequin, F–75017), Paris ; Noël Barbara, Pour faire l'Initiation des petits Enfants aux lois de la vie et l'éducation des grands qui s'éveillent à /'amour, Martigny, Suisse, 1966 ; L'Éducation sexuelle, qu'en penser ? L'Action scolaire, (134 Bld. Brune, 75014 Paris), 1970 ; Dietrich von Hildebrand, Éducation sexuelle. Question cruciale, La Pensée Catholique, No. 143, 1973.

24 Voyez l'ouvrage de Rousas J. Rushdoony, The Politics of Pornography, Arlington House, New Rochelle, 1974.

25 Voyez les trois lettres de l'AVPC à ce sujet adressées à Pierre Cevey, Chef du Département de l'Instruction Publique et des Cultes du canton de Vaud, reproduites dans l'Annexe VII de ce livre.

26 Par le dévergondage le SIDA est passé chez les hétérosexuels. La critique unilatérale contre la sodomie a été néfaste.

27 Voyez l'ouvrage fortement documenté de E. Drogin, Margaret Sanger : Father of Modern Society, CUL Publications, (New Hope, KY 40052, USA), 1986 (1979). Aussi, George Grant, Grand Illusions. The Legacy of Planned Parenthood, Adroit Press, Frankiln, Tennessee, 1992 ; Robert Marshall and Charles Donovan, Blessed are the Barren, Ignatius Press, San Francisco, 1991.

28 G. Naughton, Le Choc du Passé, op. cit.

29 E. Drogin, Margaret Sanger Father of Modern Society, p. 34. Sur la désintégration de la morale sexuelle et familiale traditionnelle aux États-Unis, voyez l'ouvrage suivant : Pitrim A. Sorokin, The American Sex Revolution, Porter Sargent Publisher, Boston, 1956. Dans la ligne des travaux de Sorokin voyez l'ouvrage de Harold O. J. Brown, The Sensate Culture, Word, 1996.

Sur la révolution homosexuelle : F. Martel, Le Rose et le Noir. Les Homosexuels en France depuis 1968, Seuil, Paris, 1996 ; Greg L. Bahnsen, Homosexuality. A Biblical View, Baker Book House, Grand Rapids, Michigan, 1978 ; Paul Cameron, The Gay Nineties. What the Empirical Evidence Reveals About Homosexuality, Adroit Press, Franklin, Tennessee, 1993 ; F. LaGard Smith, Sodom's Second Coming. What You Need to Know About the Deadly Homosexual Assault, Harvest House, Eugene, Oregon, 1993 ; David A. Noebel, The Homosexual Revolution, American Christian College Press, Tulsa, 1977 ; Roger J. Magnuson, Are Gay Rights Right ?, Straitgate Press, Minneapolis, 1985 ; Gene Antonio, The AIDS cover-up, Ignatius Press, San Francisco, 1986.

30 Sur ce complot mondial contre la vie, lisez en particulier l'excellent petit livre préfacé par le Professeur Pierre P. Grassé : E. de Lagrange, M.-M. de Lagrange et R. Bel, Un Complot contre la Vie, l'Avortement. S. P. L. (184, rue de Vaugirard, 75015 Paris), 1979. Voyez aussi : E. Tremblay, L'Affaire Rockefeller. L'Europe occidentale en Danger, U. P. N., (B.P. 53, 92502 Rueil Malmaison), 1978 ; Arnaud de Lassus, Les Étapes maçonniques d'une Politique de la Mort, Action familiale et scolaire, suppl. No. 27 (31, rue Rennequin, 75017 Paris) ; La Politique mondiale de Planification des Naissances, Action familiale et scolaire, Paris, 1984. Sur le mondialisme de la finance internationale voyez : Philippe Braillard, L'Imposture du Club de Rome, P.U.F., Paris, 1982 ; W. Cleon Skousen, The Naked Capitalist (2187 Berkeley St. Salt Lake City, Utah 84109), 1981 (1970) ; George Knupfer, The Struggle for World Power, Plain-Speaker Publ. Co. (43, Bath Road, London W4 1 LJ), 1971 ; P. F. de Villemarest, Les Sources financières du Communisme et du Nazisme, Éditions CEI, F-27930 Cierrey ; A l'Ombre de Wall Street, les Complicités soviéto-nazies, Geoffroy de Bouillon, 1996. Ici l'ouvrage essentiel est celui d'Edward Griffin, The Creature from Jekyll Island. A Second Look at the Federal Reserve, American Opinion (P.O. Box 8040, Appleton, Wisconsin 54913, États-Unis), 1995.

31 Il est intéressant d’apprendre que le Président Nixon s’était vivement opposé pour des raisons religieuses (c'était un Quaker) à toute légalisation de l’avortement dans son pays, se mettant ainsi à dos le puissant clan des Rockefeller et tout le mouvement mondialiste. Les liens qui unissent les Rockefeller au Washington Post sont bien connus. Il pourrait y avoir là une des causes du fameux Watergate qui obligea Nixon à quitter le pouvoir.

32 Brain-washing. A synthesis of the Russian Textbook of Psychopolitics (1935), Ed. Truth, P.O. Box 10188, Fort Worth 14, Texas, USA.

33 L'Éducation sexuelle. Qu'en penser ? L'Action scolaire, 1970, p. 40.

34 La Révolution sexuelle et la Révolution sociale, SICLER, (16, rue Dufetel, F-78150 Le Chesnay), No. 11, Fév. 1972, p. 3-4.

35 Voyez la brochure de l'AVPC, La Famille et ses Adversaires, 1985 ; Léon de Poncins, Histoire du Communisme de 1917 à la Deuxième Guerre mondiale, Diffusion de la Pensée française, Chiré, 1973 ; F. N. Lee, Communist Eschatology, The Craig Press, Nutley, 1974. Toute la politique communiste à l'égard de la famille est parfaitement décrite par Friederich Engels dans son ouvrage classique, L'Origine de la Famille, de la Propriété privée et de l'État, Alfred Costes, Paris, 1948 (1884).

36 La Révolution sexuelle et la Révolution sociale, p. 6.

37 La Révolution mondiale et la Famille, SIDEF, (31, rue de l'Orangerie, 78000 Versailles), No. 20 jan.–fév. 1971, p. 5. Voyez aussi : Éducation sexuelle ou Éducation à l'amour ?, L'Action scolaire No. 72, mai-juin 1973 ; Hachette et l'Éducation sexuelle, L'Action scolaire, No. 76, déc. 1973 ; Faut-il participer à l'éducation sexuelle dans les écoles ?, L'Action scolaire, No. 77, janvier 1974 ; La Révolution sexuelle et la Révolution sociale, SICLER (16, rue Dufetel, F–78150 Le Chesnay), No. 11, février 1972, p. 3-4. L'ouvrage capital sur cette question est celui de William D. Gardner, The War Against the Family. A Parent Speaks Out on the Political, Economic and Social Policies That Threaten Us All, Stoddart, Toronto, 1992.

38 Tim Lahaye, Battle for the Public Schools. Humanism's Threat to our Children, Fleming H. Revell, Old Tappan, 1983. Claire Chambers, The Siecus Circle. A Humanist Revolution, Western Islands, Belmont, 1977.

39 Charles Bugnon, Violence, Sexualité, Démocratie, Dossiers Contacts, Lausanne, No. 3, mars 1979, 25e année.

40 A.V.P.C., L'Éducation sexuelle : l'affaire de l'école ou celle des parents ?, Lausanne, 1979. Voyez Annexe III.

41 Tim Lahaye, Sex Education is for the Family, Zondervan, Grand Rapids, 1985.

42 André Glucksmann, Devant le Bien et le Mal, dans l'ouvrage de Petr Fidelius, L'Esprit post-totalitaire, Grasset, Paris, 1987, p. 48-49 et 57.