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A. Lidée dun acte de Dieu · La théologie moderne a insisté sur les actes de Dieu, quelquefois en négligeant ses paroles. Pour éviter la théologie " statique " essentielle, on a cherché à développer une théologie plus " existentielle ", fondée sur les actes de Dieu. Cet argument a été fortement soutenu par le fait que le mot dabhar est polysémique et peut être traduit " parole " ou " acte ". On a donc argumenté que la Bible est le livre des actes de Dieu, dans laquelle nous trouvons la compréhension de la foi (G.E. Wright, G.Ebeling).Personne ne contestera que dans la Bible il est question de Dieu qui agit pour le salut de son peuple16. Quelques remarques : 1. La distinction acte/interprétation : Lacte en question peut être naturel et non pas une intervention directe de Dieu : Quel est le rapport entre ceci et linterprétation ? 2. Le contenu dun acte de Dieu : Comment distinguer entre lacte de Dieu et les circonstances providentielles. Il devient difficile de définir un acte de Dieu. On ne peut pas réellement affirmer quune chose sest passée telle que la Bible le dit, sauf si lon croit quil y a dans la Bible une interprétation divine des actes, et cest la notion que lon veut éviter.17 3. - Si la Bible est le livre des actes de Dieu, de qui est le livre ? B. Peut-on définir un acte de Dieu comme étant uniquement extérieur à Dieu ? 1) Le travail de la création - lacte suprême - ne marque pas le début de lactivité de Dieu, qui agit éternellement. a) La communion dessence dans la génération du Fils et la procession de lEsprit sont des actes de Dieu. La communion trinitaire est une existence dactivité absolue. Ces actes sont immanents à Dieu. Ils nont pas de rapport avec les réalités existant en dehors de Dieu. Il est indépendant et suffisant à Lui-même (Ac 17 : 20). Dieu est lacte pur. b) Le conseil de Dieu indique le rapport entre les actes internes de Dieu et les actes extérieurs à Lui. Le conseil de Dieu Lui est secret, mais il touche aux actes de Dieu réalisés dans la création, la providence et la rédemption : - le contenu du conseil divin se réalise en dehors de Dieu, à cause de la connaissance éternelle de Dieu, qui lui est secrète. La réalisation du conseil de Dieu dans lactualité est dépassée par le " possible " dans lintelligence infinie de Dieu. La sagesse de Dieu dans son conseil dépasse la manifestation (Mt 19 : 26). - cest la souveraineté absolue de Dieu qui forme le contexte de son conseil. Le conseil éternel est celui de Dieu, qui a la puissance daccomplir ce quil veut (Ap 4 : 11). Le conseil se réalise dans lhistoire et ainsi il constitue le lien entre Dieu et le monde, qui maintient la souveraineté de Dieu et la dépendance de la créature (Hb 11 : 3). c) Le conseil de Dieu présenté dans lEcriture ne nous donne pas une description abstraite, mais il présente les actes de Dieu dans leur réalisation historique. Quand Dieu agit, il le fait selon son conseil. Lélection est un fait de lhistoire, non une théorie basée sur une philosophie abstraite. - lA.T. présente lélection de Seth (Gn 4 : 25s) et le rejet de Caïn comme lexpression historique du conseil de Dieu. Cest la vocation dune ligne, dun homme, dun peuple qui nous est présentée dans sa réalisation, selon la pré-connaissance divine. Souvent la prophétie présente la réalisation future sous la forme de la promesse. Si le conseil de Dieu est secret et Lui appartient, il est révélé aux hommes dans son accomplissement (Es 46 : 10 ; Ps 33 : 11 ; Pr 19 : 21). - le N.T. parle encore plus clairement en précisant la nature éternelle du conseil, son application individuelle et personnelle, ainsi que son but final. Passages à étudier : Ep 1 : 11 : boule//plan , conseil/ thelema, la volonté de Dieu comme telle. Lc 2 : 14 ; Ep 1 : 5-9 : eudokia, le " plaisir " de Dieu. Rm 8 : 28 ; 9 : 11 : prothesis, le but objectif de la volonté de Dieu. 1 Pi 1 : 2 : prognosis, la prescience. Mt 13 : 20 ; Ac 9 : 15 : ekloge, élection en tant que telle. Ep 3 : 11 ; 1 : 4 : proorismos, prédétermination, ordination. Il semble clair que ces passages, qui ne peuvent être tous évacués, montrent que le but de lélection est la vie éternelle, et que le moyen de la réalisation est laccomplissement du salut en Christ. Le moyen et le but sont tous les deux inclus dans le plan éternel de Dieu. C. Définition du conseil de Dieu · Le conseil de Dieu est son décret éternel, par lequel il ordonne tout, selon la décision de sa volonté. LEcriture affirme partout que ce qui se passe dans lhistoire est la réalisation du conseil éternel de Dieu (Job 28 : 27 ; Pr 8 : 22 ; Ps 104 : 24 ; Pr 3 : 19 ; Jr 10 : 12 ; 51 : 15 ; Hb 11 : 3 ; Ps 33 : 11 ; Es 44 : 24ss ; 46 : 10 ; Ac 2 : 23 ; 4 : 28 ; Ep 1 : 11).Les actions humaines se fondent sur la délibération humaine, et dans un sens plus élevé lhistoire a son origine dans la délibération de Dieu. En dehors de la connaissance et de la volonté de Dieu rien ne se passe. Le conseil de Dieu est efficace (Ps 115 : 3 ; Es 14 : 27), immuable (Es 46 : 10 ; Jc 1 : 17) et indépendant (Mt 11 : 25). 1. Il faut faire une distinction entre le conseil même de Dieu et son accomplissement. Le conseil de Dieu est son uvre, cachée de lhomme ; il reste un mystère pour nous. Comme uvre de Dieu, il est éternel. Léternité est différente dans sa qualité que la temporalité. Il ne faut pas penser le conseil comme un acte de Dieu qui appartient au passé, pas plus quil ne faut penser ainsi de la génération du Fils. Ces actes de Dieu sont éternellement achevés, mais perpétuent toujours séparés et au-dessus de lhistoire. Le conseil éternel de Dieu comprend non seulement ce que nous appelons le passé, mais aussi lavenir. Cest la volonté divine en action. Cest Dieu qui délibère et agit. 2. Le conseil de Dieu a pour contenu et objet lunivers créé, duquel Il est la cause efficace. Le bon plaisir de Dieu est lorigine ultime des choses créées que Dieu appelle en existence (So 3 : 2). La réponse finale à toutes nos questions se trouve dans la volonté de Dieu. Il y a un conseil de Dieu, mais sa réalisation dans le temps est multiforme. Sa conception est simple, mais le résultat montre la richesse divine (Ep 3 : 18s). D. La providence de Dieu · Il existe un nouveau réalisme aujourdhui, qui se manifeste dans la crise de loptimisme. Ce réalisme est athée dans son désir daccepter la réalité de la situation du monde, comme loptimisme a été athée dans son refus de la réalité. Lhomme moderne choisit le tragédie mais non la repentance, le désespoir mais non la culpabilité.Pouvons-nous continuer à parler de la providence de Dieu ? Les Ecritures nous enseignent que le désespoir est un résultat de laliénation qui existe entre lhomme et Dieu. Lhomme est étranger dans le monde dou il a voulu bannir Dieu. La sécularisation est à la base de cette aliénation. Il y a trois motifs : - le motif scientifique : la science naturelle est le pont que beaucoup ont traversé vers lincroyance. Lopposition entre la science et le gouvernement de Dieu (notion pré-scientifique) est une source de la crise de lincroyance. - le motif projection : pour lhomme moderne la religion nest quune projection de la subjectivité de lhomme. Le religion est une illusion qui aide lhomme à séchapper de sa misère (Marx et Freud). - le motif catastrophe est le plus contraignant : lexpérience de lhomme moderne, son observation du non-sens du monde, ses cataclysmes, semble réfuter lidée quil y a une logique, un sens dans lhistoire. Ainsi, nous constatons quil ny a pas de terrain neutre sur lequel nous pouvons connaître Dieu. Sans Dieu, il est impossible de connaître sa providence. Avant de connaître Dieu dans ses actions dans le monde, il faut le connaître dans ses actions dans le renouvellement de notre intelligence. 1. Le côté positif de la providence : le gouvernement. (Ep 1 : 11 ; Hb 1 : 3) Dieu gouverne le monde par sa Parole (Ps 147 : 15), mais aussi par des agents personnels - Christ, les anges et les hommes. Le gouvernement de Dieu nest pas une puissance neutre et absolue, mais Dieu gouverne par des moyens qui lengagent personnellement. La providence sert à manifester la grâce de Dieu envers les hommes, cest en vue de lEvangile. Même lEtat quand il gouverne justement, est au service de lEvangile, peut être sans le savoir. Dieu nest pas limité par le péché des hommes non plus. Il vainc le péché en faisant de ses ennemis des outils qui servent dans le salut. 2. Le côté négatif : la préservation : Dieu nest pas un propriétaire absent, il est présent pour retenir le mal et empêcher la victoire ultime de ce qui travaille contre son salut (Né 9 : 6 ; Ps 36 : 6 ; Co 1 : 17). Dieu préserve le monde pour accomplir son règne. On ne discerne pas dans les événements comment Dieu soutient le cosmos, mais cette action de Dieu est une réalité selon lEcriture. Cette action de Dieu en préservant le monde est essentiellement une continuation de la création. Ce besoin est plus nécessaire après lintervention du péché quavant. Après la chute, la préservation prend un aspect de grâce. Il y a deux limites à la préservation dans lEcriture (Mt 24 : 37) ; le déluge est une limitation de la patience de Dieu (Gn 6 : 3) et la venue de Christ est la deuxième limitation de la préservation (2 Pi 3 : 5). Le monde sera jugé par la Parole Entre le déluge et le jugement, nous avons lépoque de la patience divine, de la grâce générale de Dieu. Cette doctrine est capitale pour aujourdhui : elle affirme que le monde néchappera pas à la volonté de Dieu dans un krach cosmique et que Dieu mène son plan à une fin ordonnée. Si nous croyons en Dieu, pouvons-nous être en un état de psychose devant une catastrophe nucléaire ? E. Les miracles · Le problème des miracles est un problème de définition. Hume a dit que les miracles constituaient " une exception ou une violation de la loi naturelle ". Avec cette définition, il devient possible de nier lexistence des miracles, en établissant quil ny a pas dexceptions à la loi naturelle. Ainsi la science moderne a rejeté la notion de miracle. Labsolutisme de la science naturelle (pas dintervention dans un monde clos) est le fondement de la pensée anti-surnaturelle. Les miracles sont des événements mythologiques et sont rejetés au fur et à mesure que la compréhension de lhomme saccroît. Désormais, la nature intervient et forme une partition entre Dieu et lhomme. Tout peut être expliqué par référence aux causes secondaires.1. La position réformée · Un miracle est un événement dans le monde extérieur, accompli par lintervention immédiate de la puissance de Dieu. Le miracle nest pas en premier lieu un acte merveilleux, mais un témoignage de la puissance de Dieu (lincarnation nest pas importante comme acte de Dieu, mais comme témoignage de la présence de Dieu). Les miracles peuvent être des actes directs, mais ils sont parfois indirects.a. Nous ne savons pas tout sur ce que la nature peut ou ne peut pas faire. Pouvons-nous dire quil ny a pas de puissances naturelles qui agissent, simplement parce que cest un miracle ? Bavinck rejette lidée dune concurrence entre les forces de la nature et celles de Dieu. b. Le chrétien ne peut pas admettre quil y a des réalités qui peuvent être expliquées sans référence à Dieu. Puisque toutes choses sexpliquent à cause de leur rapport avec Dieu, il est difficile de définir les actes directs et indirects de Dieu. Kuyper sattaque à lidée que les miracles sont des actes occasionnels. Dieu peut, à cause de sa volonté, à un moment donné, disposer des faits différemment quauparavant. Le miracle ne lest pas pour Dieu, mais pour nous. 2. Quelques propositions a. Les miracles ne sont pas contre la nature. Il ny a pas de suspension de la loi naturelle pour créer les conditions où Dieu fait une intervention miraculeuse, mais la puissance de Dieu dispose de ces lois pour leur donner un ordre nouveau. b. Les miracles dans lEcriture sont essentiellement contre le péché. Leur signification réelle nest pas dans leur caractère étonnant, mais dans leur aspect rédemptif et instructif. Ils sont des actes de salut qui concrétisent la confrontation du royaume des ténèbres et celui de la lumière. Leur sens se trouve dans la rédemption et létablissement du royaume de Dieu. (Ex 34 : 10 ; Ps 72 : 18 ; 77 : 13 ; 86 : 10 ; 136 : 4 ; Mt 12 : 10 ; 8 : 13 ; 9 : 28s). Les miracles nous étonnent parce que nous sommes habitués à lanormalité du péché et à sa malédiction de mort et de peur. Dans le salut en Christ, la vie est restaurée, la création est renouvelée, la malédiction est vaincue (Mt 11 : 4-6 ; Mc 8 : 9 ; Lc 10 : 18) Le miracle nest pas une preuve qui sadresse à lintellect incroyant de lhomme, mais il est un appel à lhomme, qui doit prendre une décision au sujet du salut en Christ. 3. Une comparaison · Nous pouvons faire la comparaison entre les paroles et les actes de Dieu. La révélation spéciale se déroule dans le contexte de la révélation générale de Dieu. De même, les actes miraculeux se déroulent dans le contexte de la providence générale de Dieu. Lhomme pécheur nest pas capable de comprendre, ni la révélation générale ni le providence, sans lacte spécial de Dieu.a. La providence est la présupposition du salut, comme la révélation générale est la présupposition de la Parole de Dieu. b. Le miracle dans lhistoire du salut atteste laction de Dieu et demande la repentance et la foi. Il saccompagne pas les paroles de salut. Les paroles qui interprètent le salut de Dieu en Christ, nous interprètent aussi le sens du miracle. Les miracles sassocient étroitement à laccomplissement du salut. Ceci est frappant dans lEcriture même où les miracles ne sont pas distribués également dans toutes les parties de la Bible. Ils sont présents avant tout aux grands moments de la rédemption, comme lexode ou lincarnation. En dehors de ces points " chauds " où lopposition du mal est avant tout ressentie, les miracles sont assez peu fréquents.
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