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· Dans lEcriture, les noms sont très souvent descriptifs. Ils ne sont pas simplement des moyens dindication : Shem révèle le caractère de celui qui le porte. Ainsi Adam nomme-t-il les animaux selon leur caractère. Les noms dAbram et de Jacob sont changés. Après sa résurrection, Christ reçoit un nom supérieur à tout autre (Ph 2 : 9 ; Hb 1 : 4). Dans la nouvelle Jérusalem, les croyants recevront un nom nouveau (Ap 2 : 17 ; 3 : 12 ; 22 : 4).A. Le nom de Dieu est une révélation de sa personne, par laquelle Dieu se fait connaître de façon active et objective. Les noms de Dieu désignent Dieu Lui-même, comme il se révèle dans la plénitude de sa gloire. Le nom nest pas Dieu en Lui-même, mais Dieu se faisant connaître à lhomme. Cette révélation est, bien sûr, en conformité avec le mystère de son Etre. Dieu se révèle à nous tel quil est vraiment. Le nom par lequel Dieu se révèle est le nom par lequel nous nous adressons à Dieu en conformité avec son caractère divin. Les noms de Dieu ne sont pas une expression de la conscience humaine, qui " invente " un nom pour un Dieu quelle conçoit, mais ils sont la révélation de Dieu. B. Le caractère anthropomorphique du nom divin4 · Toute lEcriture est anthropomorphique. La pensée de Dieu prend la forme de la chair humaine. En Christ, Dieu se manifeste sous la forme de la chair humaine. Les attributs incommunicables de Dieu sont exprimés selon les procédés de la négation (infinité, éternité etc.). Mais de façon encore plus frappante, lEcriture emploie lanthropomorphisme pour décrire Dieu. Tous les aspects de la création dévoilent le caractère du Créateur. Il est donc légitime demployer lanthropomorphisme, car la création appartient à Dieu. Les noms de Dieu sont anthropomorphiques. Ils sont adaptés à lhomme et à sa possibilité de compréhension. Dieu en lui-même est anonyme, mais dans sa révélation Il est polyonyme. Il ny a pas un seul nom qui puisse suffire à la description de Dieu. Pourtant, quand Dieu veut se révéler, il sadapte lhomme, au niveau de la compréhension de celui-ci.(Question : quand on nie lanthropomorphicité du Nom, on aboutit au dualisme : pourquoi ?). C. Lutilité des noms de Dieu · Les noms ne nous donnent pas une connaissance complète de Dieu, mais une connaissance véritable. Nous ne devons penser ni que les noms soient suffisants pour nous faire comprendre Dieu, ni quils soient dorigine humaine. Par analogie, notre connaissance de Dieu au moyen de ses noms est réelle et véritable, mais ces noms ne suffiront jamais à exprimer comment est Dieu. Selon lanalogie, ils nous font comprendre que Dieu est différent et que le fondement de notre connaissance est la révélation divine.D. Définitions · Les noms de Dieu sont des désignations par lesquelles nous nous adressons à Lui, comme un Etre transcendant mais personnel. Les juifs ont dénombré 70 noms de Dieu, et dans lEglise primitive les attributs de Dieu étaient considérés noms de Dieu. Jérôme en indique 10, y compris El, Elohim, Eloha, Sabaoth, Elyon, Esher Ehye, Adonaï, Shaddaï (pantokrator).i. El, Elohim : le pluriel dans lA.T. ne peut pas être considéré comme une allusion à la Trinité, ni comme un pluriel de majesté, ni comme un pluriel reflétant les origines du peuple juif. Cest plutôt un pluriel exprimant la plénitude de la puissance divine. ii. YHWH et la Seigneurie de Dieu : dans le cas du nom YHWH, Dieu montre son autonomie dans une interprétation de Lui-même quIl transmet à lhomme. YHWH est le nom de lalliance qui évoque sa présence parmi son peuple en bénédiction et en malédiction (Ex 3 : 3-15 ; 6 : 8). a. Signification temporelle du nom Le nom est donné après un silence de 400 ans dans la première révélation depuis les temps des patriarches (cf. Ex 2 : 24). Dieu se souvient de son alliance et vient délivrer son peuple. Dans Ex 3 : 14-15, le " Je suis qui suis " indique que Dieu est présent, passé et futur avec son peuple pour le sauver. " Je suis " ne constitue pas une définition ontologique de Dieu, mais qualifie Dieu tel quIl vient se manifester dans le salut. Celui est venu à Ur pour appeler Abram, vient en Egypte sauver son peuple. " Je suis " indique sa présence dans laccomplissement présent de ses promesses. " Je suis " est donc un garant pour lavenir (cf. Es 41 : 4 ; 43 : 10ss ; 46 : 3ss ; Dt 32 : 39 ; Ps 135 : 13 ; Os 12 : 4-9 ; 13 : 4 ; Ma 3 : 6). Le nom YHWH indique donc sa fidélité à lalliance afin daccomplir ce quil a promis. Cest le nom qui sassocie avec les apparitions de Dieu pour délivrer et sa fidélité malgré la fuite du temps. Dans le N.T., Jésus sapproprie le nom de YHWH dans Jn 8 : 56ss. Les juifs ne sont pas les vrais fils dAbraham, parce quils ne se réjouissent pas avec leur père de voir le Christ. Abraham a connu " Je suis " dans la promesse prophétique. Sa foi était lécho de la fidélité assurée par le caractère de Yahweh. Maintenant la promesse est accomplie par la présence réelle du " Je suis " en Christ. Dans le v. 58 il y a un contraste entre Abraham (genesthai/genesqai : aoriste infinitif) et Jésus (ego eimi/egw eimi). Ici un mode dexistence qui a un commencement est contrasté avec un autre qui na pas de commencement. Jésus sidentifie à Dieu. Il est Dieu qui est venu sauver son peuple comme promis. b. Le nom YHWH indique non seulement le présence de Dieu dans la rédemption, mais aussi sa souveraineté (cf. Ex 33 : 19 ; 34 : 6). La présence de Dieu est également sa puissance pour délivrer et pour juger. iii. Le nom Adon (Kurios) a la même signification que YHWH : ce nom indique Celui qui a la puissance personnelle de Dieu dans son aspect juridique. Dieu agit et nous le reconnaissons comme Seigneur (Ex 14 : 18). Nous connaissons Dieu comme Seigneur de droit et reconnaissons quil est notre Seigneur (dans Rm 10 : 9, nous sommes en alliance avec Christ quand nous le connaissons comme Seigneur). Conclusion La Seigneurie de Dieu exprimée dans ces noms nous aide à saisir que le Dieu de la Bible est : i. immanent : comme souverain Il est présent avec son peuple, avec lhomme quIl a fait pour vivre en communion (Gn 26 : 3-24 ; 28 : 15 ; 31 : 3 ; 46 : 4 ; 48 : 21 ; Ex 3 : 12 ; 33 : 14 ; Dt 31 : 6-8 ; Jg 6 : 16 ; Jr 31 : 33). Les institutions de lA.T. illustrent limmanence de Dieu, accomplie dans la présence dEmmanuel (Jn 17 : 26). La présence du Dieu transcendant dans le monde constitue la spécificité du christianisme et soppose tant aux religions dans lesquelles le contact entre Dieu et le monde est niée quà un immanentisme exclusif où Dieu sidentifie avec le monde. ii. transcendant : Dieu nous dépasse. Cest Lui et non lhomme, qui est souverain dans notre salut, comme dans lunivers. La puissance Lui appartient. Notre compréhension et notre vie entière viennent de Lui. Le Dieu immanent est aussi transcendant. Il nest pas lié par les lois de sa création pour agir. Sa volonté est toujours efficace et Il accomplit ce quIl a déterminé, conformément à sa gloire et à sa puissance.
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