VIII. LA TRINITE ET LA VIE DE L’HOMME

· La Trinité est à la fois Créateur et Sauveur de l’homme. La conséquence c’est qu’il n’y a rien ni dans la vie générale de l’homme, ni dans sa quête religieuse qui puisse être saisi dans son sens profond en dehors de la réalité de la Trinité.

A. En ce qui concerne notre compréhension de l’homme, il n’est pas nécessaire de recourir à des formules douteuses au sujet de la nature de l’homme comme corps, âme et esprit pour y trouver la nature trinitaire dans la constitution de l’homme. De manière plus générale, nous pouvons discerner l’importance de la Trinité par rapport à trois problèmes de l’homme :

1. L’homme est fini, mais personnel. Ainsi il ne peut trouver en lui un point d’intégration suffisent pour soutenir sa compréhension de lui-même. Un point de référence fini n’a pas de sens, sauf si ce point est établi par une réalité qui le transcende. Mais puisque l’homme est personnel, un point de référence impersonnel en dehors de l’homme ne suffit pas à expliquer son existence. Bref, il n’y a vraiment qu’un Etre personnel et infini qui puisse rendre compte d’un être personnel et fini et l’existence d’une réalité impersonnelle en dehors de lui. Dieu se révèle comme le Dieu trinitaire et personnel qui seul peut nous faire comprendre le caractère fini et personnel de l’homme dans la diversité impersonnelle de l’univers.

2. L’homme est à la fois noble et cruel, aussi bien que fini et personnel. Si nous ne pouvons pas affirmer une origine personnelle infinie de la réalité, finitude et cruauté sont confondues. L’inhumanité de l’homme devient un aspect de se finitude. Sans un Dieu personnel, à l’origine de toutes choses, le problème de la morale est confondu avec le problème métaphysique. Le bien et le mal ne sont que relatifs.

3. Quel est l’unité de la connaissance dans la diversité des particuliers. Il est nécessaire ici d’avoir un point de référence personnel pour expliquer que nous pouvons connaître ce qui est personnel et impersonnel. Mais ce point doit également être infini, pour constituer un universel parmi les particuliers de notre connaissance. Seul un Dieu trinitaire a cette autosuffisance qui permet d’expliquer la diversité de notre connaissance du monde dont Dieu n’a pas besoin.

Conclusion

La Trinité de la Bible est nécessaire pour situer l’homme dans son contexte réel ; la vérité de la doctrine trinitaire c’est qu’elle correspond aux réalités de ce qui est là dans notre anthroposphère.

B. La Trinité est nécessaire à une communion vraie avec Dieu

· Mon exposé cherche à développer trois points qu’il faut maintenant approfondir. Le salut est celui du Père et a son origine en Lui et sa volonté à prendre des fils.

Christ révèle le Père et en ce faisant, manifeste aussi la nature de la vraie filialité. Il nous représente Dieu pour nous, mais il nous représente devant Dieu. Ainsi Il montre quelle est la vraie communion avec Dieu. Les prières de Jésus sont des prières qui révèlent le sens de sa mission face à la souffrance. Jésus prie le Père afin que dans son épreuve, il montre l’amour du Père. Dans Jean 17 la prière montre que Jésus considère son œuvre comme don du Père qui doit glorifier le Père. Reprenant " mon Dieu " des Psaumes, il glorifie Dieu comme le Dieu vivant qui délivre. Voici comment la souffrance peut avoir un sens pour nous. Enfin, l’Esprit, sa présence constitue notre accès à la communion du Père et du Fils pour ceux qui sont des Fils. Le Paraclet apporte une application du rapport Père/Fils aux chrétiens comme le don de la communion perpétuelle. La communion divine Père/Fils est le modèle pour la communion chrétienne (Jn 14 : 18-21). La consommation du rapport Père/Fils dans la souffrance de la croix apporte à ses disciples un accès auprès du Père par le Fils. Cet accès est au nom du Fils, qui assure l’accès auprès du Père. La prière est le fruit de l’œuvre complète du salut. La prière dans l’Esprit est notre participation en tant que Fils de Dieu au salut. C’est une communion avec et par la Trinité. Sans la Trinité, nous ne pouvons pas vraiment entrer dans la réalité du salut, ni dans celle du rapport que Dieu veut pour nous comme ses créatures. Mais sachant que notre adoption qui nous fait crier Abba est l’œuvre de la Trinité, nous adorons Dieu en trois personnes et participons à la mission trinitaire en tant que Fils en menant des Fils à la gloire. C’est en priant notre Père que cette tâche s’accomplira par la délivrance du Dieu vivant.

Finalement la doctrine de la Trinité est profondément liée avec toute la notion biblique de la mission. Dans l’A.T. l’élection d’Israël constitue la responsabilité d’Israël devant les nations (Ex 19 : 5-6). Mais Israël n’est pas " missionnaire " - le monde est plutôt tourné vers Israël comme présence de Dieu. Les nations doivent venir à la présence de Dieu. Ce n’est qu’avec la mission du Fils de Dieu où Dieu devient excentrique - car il vient dans l’histoire - qu’il y a suivant ce modèle un apostolat allant vers les nations. Pour réaliser l’apostolat, il faut l’Esprit. La mission-Eglise est fondée sur la représentation du message du salut et par l’appel aux hommes à devenir par l’Esprit, Fils de Dieu. L’Eglise a comme tâche la mission, car le premier missionnaire est son chef, Jésus-Christ. L’Eglise et la mission ont comme leur fondement la réalité trinitaire de Dieu. Cette doctrine est capitale pour une réflexion sur la nature de la tâche de l’Eglise aujourd’hui.