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Prédication de mariage de Anne-Laure LECORFEC et de Barthélémy GUIBERTEAU Prieuré de Paimpont Samedi 9 mai 2009 Pasteur Vincent BRU Aumônier militaire protestant des Ecoles de Saint-Cyr-Coëtquidan
Chers frères et sœurs en Christ, chers amis, nous voici donc réunis aujourd’hui pour célébrer le mariage de Anne-Laure LECORFEC et de Barthélémy GUIBERTEAU.
Je dis « célébrer », car il s’agit bel et bien d’une célébration, d’une fête, et d’une fête à caractère religieux.
Le mariage, dans la Bible, représente bien plus que la simple signature d’un contrat, l’union de deux personnes afin de fonder un foyer.
Il a un caractère religieux.
Le mariage nous renvoie à une réalité d’ordre spirituel et religieux. Le mariage nous parle de Dieu, de la relation que Dieu établit avec les hommes et avec le monde qu’il a créé, et de l’amour qu’Il lui porte.
Le mariage nous parle plus exactement, de l’union qui existe entre le Christ et l’Eglise, comme l’exprime si bien l’Apôtre Paul :
Ephésiens 5.25 : « Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l'Église et s'est livré lui-même pour elle ! »
Christ a aimé l’Eglise et s’est livré lui-même pour elle !
Il y a là une vérité profonde, que le mariage que nous célébrons aujourd’hui entend bien nous rappeler.
Car ce que nous célébrons aujourd’hui, c’est l’amour de deux êtres que Dieu, dans sa souveraineté, a fait se rencontrer, afin de les unir l’un à l’autre.
Et cette union d’amour entre cet homme et cette femme, entre Anne-Laure et Barthélémy, nous parle aussi de l’amour de Dieu pour nous, les hommes, de cet amour inconditionnel que Dieu a manifesté en Christ, qui a donné sa vie pour nous, un amour profond, et désintéressé, un amour qui sauve, un amour qui nous restaure dans toute notre dignité d’homme créé à l’image de Dieu. Comme le dit si bien l’Evangile selon Jean :
Jean 3.16 : « Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. »
Barthélémy et Anne-Laure s’unissent aujourd’hui pour la vie. Ils ont choisi d’unir leurs deux destinées, pour ne plus constituer, selon l’expression de livre de la Genèse, reprise du reste par l’Apôtre Paul dans le texte que nous avons lu et qui a été choisi par les mariés, qu’« une seule chair » !
Genèse 1.24 : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. »
Dans les versets précédents nous lisons :
Genèse 2.18 : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide qui sera son vis-à-vis ».
22-23 « L’Eternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise à l’homme et il l’amena vers l’homme. Et l’homme dit : cette fois c’est l’os de mes os, la chair de ma chair, c’est elle qu’on appellera femme, car elle a été prise de l’homme. »
Dans l’Evangile selon Matthieu, nous voyons que Jésus tire de cet enseignement de la Parole de Dieu la conclusion suivante :
Matthieu 19.6 : « Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni. »
L’Apôtre Paul, quant à lui, conclut :
Ephésiens 5.32-33 : « Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l'Église. Du reste, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même, et que la femme respecte son mari. »
Je voudrais maintenant attirer votre attention sur trois grandes et belles vérités qui nous sont enseignées dans ces textes de l’Ecriture sainte.
La première de ces trois vérités, c’est que la solitude n’est pas l’élément naturel de l’homme.
Dieu n’a pas créé l’homme, au commencement, afin qu’il soit seul.
Dieu, qui n’est pas un Dieu solitaire, mais qui est véritablement un Dieu de relation, un Dieu de communion, puisqu’il existe en trois personnes distinctes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit – c’est la sainte Trinité –, car le Père aime éternellement le Fils, et le Fils aime éternellement le Père, dans la communion du Saint-Esprit…
Dieu qui est l’Amour même – l’Apôtre Jean dans sa première Epître ne dit-il pas que Dieu est amour, et que quiconque aime est né de Dieu, et connaît Dieu ? -,
1 Jean 4.7 : « Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres ; car l’amour est de Dieu et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. »
1 Jean 4.16 : « Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. »
C’est ce Dieu-là qui a créé l’homme à son image, comme l’enseigne le livre de la Genèse, c'est-à-dire un être de relation, de communion, un être qui n’est pas fait pour être seul – il n’est pas bon que l’homme soit seul ! – mais qui est fait pour l’amour !
Et c’est précisément le mariage qui met fin à cette solitude. Car Dieu a créé la femme pour l’homme, et l’homme pour la femme, afin qu’ils ne soient plus qu’une seule chair…
Il y a là une vérité profonde.
La deuxième vérité sur laquelle je voudrais attirer votre attention, c’est ce qui est exprimé par l’image biblique de la côte de l’homme, avec laquelle le Créateur a formé la femme.
Genèse 2.22-23 : « L’Eternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise à l’homme et il l’amena vers l’homme. Et l’homme dit : cette fois c’est l’os de mes os, la chair de ma chair, c’est elle qu’on appellera femme, car elle a été prise de l’homme. »
Pourquoi donc est-il dit que Dieu a créé la femme à partir d’une côte de l’homme ?
Dieu aurait pu tout aussi bien former la femme à partir de la tête de l’homme, ou bien de la main de l’homme, ou de son pied, et que sais-je encore ?
Mais voilà, la Parole de Dieu nous dit que c’est bien à partir de sa côte que Dieu a formé la femme, afin qu’elle soit son aide et son vis-à-vis.
Il y aurait là beaucoup à dire. Les théologiens se sont longuement penchés sur la question.
Pour ma part, je voudrais retenir l’idée que si Dieu a formé la femme à partir de la côte de l’homme, c’est afin qu’elle soit véritablement, à ses côtés, que l’homme et la femme se tiennent côte à côte, qu’ils marchent ensemble vers un même but, une même destinée, comme la exprimé si remarquablement l’écrivain et philosophe français, Antoine de st Exupéry : « Aimer, ce n’est pas seulement se regarder les yeux dans les yeux, mais c’est regarder ensemble dans la même direction » !
C’est aussi là ce qu’exprime la formule biblique : « une seule chair ».
Genèse 1.24 : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. »
Dieu n’a pas créé la femme à partir de la tête de l’homme, afin que la femme domine l’homme - tandis que la Parole de Dieu l’exhorte plutôt à une soumission libre et joyeuse –, il ne l’a pas formé non plus à partir de son pied, afin que l’homme écrase sa femme en exerçant sur elle une autorité tyrannique comme on le voit hélas aujourd’hui encore dans certains pays du monde, mais il l’a formé à partir de sa côte, afin qu’il la chérisse, qu’il la porte contre son cœur, qu’il la considère véritablement comme son vis-à-vis, son égal, une aide que Dieu a placé auprès de lui pour mettre fin à sa solitude.
C’est bien là aussi ce qu’exprime l’Apôtre Paul dans son Epître aux Ephésiens, lorsqu’il dit :
« Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l'Église et s'est livré lui-même pour elle ! »
Epoux, épouse, votre responsabilité est grande à l’égard de votre conjoint : Dieu vous commande expressément de l’aimer et de lui donner votre vie, de même que Christ a donné sa vie pour l’Eglise !
Voilà bien ce à quoi Barthélémy et Anne-Laure s’engagent, l’un vis-à-vis de l’autre, dans la reconnaissance de leur rôle spécifique et dans la soumission mutuelle.
Voilà bien les conditions d’un mariage réussi, un mariage où chacun trouve sa place légitime, où chacun est honoré et respecté dans le rôle spécifique que Dieu lui a conféré au sein de la famille.
Dieu sait mieux que nous ce qui est bon pour nous, et de l’obéissance à sa Parole, à ses commandements dépendent notre bonheur.
Pour terminer, je voudrais attirer maintenant votre attention sur une troisième vérité qui se trouve dans les textes que nous avons lus, et qu’exprime cette parole du Seigneur :
Matthieu 19.6 : « Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni. »
Et qu’exprime aussi la parole de l’Apôtre Paul lorsqu’il dit en reprenant le livre de la Genèse :
« C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. »
Le mariage, frères et sœur, est une affaire sérieuse. Il ne s’agit pas de s’unir aujourd’hui pour se séparer demain !
Le mariage est une affaire sacrée, car c’est Dieu qui unit !
Cher Barthélémy, tu ne dois jamais douter que c’est Dieu lui-même qui t’a choisi Anne-Laure pour être ton épouse, la chair de ta chair.
C’est Dieu qui, dans sa providence, l’a conduite vers toi, comme toi vers elle.
Anne-Laure, ton mari que voici, c’est Dieu qui l’a choisi pour toi, et c’est Dieu qui en ce jour de joie, t’unit à lui, jusqu’à ce que la mort vous sépare.
Seule la mort peut vous séparer désormais. Aucune autre réalité en ce monde ne saurait rompre ce lien d’amour, le lien conjugal qui vous unit désormais l’un à l’autre.
Certes les difficultés et les épreuves ne manqueront pas de tenter d’assombrir votre chemin ; la vie de couple n’a rien d’un long fleuve tranquille. C’est à certains égards, à certains moments en tous cas, un véritable parcours du combattant…
Seulement voilà, vous n’êtes pas seuls sur ce chemin : en demandant la bénédiction de Dieu sur votre union, c’est aussi son secours, son aide que vous sollicitez, et soyez assurés qu’Il sera toujours à vos côtés pour vous aider à venir à bout de tous les obstacles.
Avec l’aide de Dieu et le secours de la foi il y a moyen, soyez-en bien assurés, de remporter la victoire et de raviver toujours la flamme de votre amour.
J’ajouterai, à cet égard, que le texte de l’Apôtre Paul dans son Epître aux Colossiens, au chapitre 3, les versets 12 et suivants, que vous avez choisi, avec celui des Ephésiens et de la Première Epître de Jean, me semble particulièrement approprié, pour vous permettre de maintenir toujours vive et comme dans son état de fraicheur originelle ce lien d’amour par lequel Dieu vous unit pour la vie. Je cite :
« Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d'entrailles de miséricorde, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres, et, si l'un a sujet de se plaindre de l'autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. Mais par-dessus toutes ces choses revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection. Et que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos coeurs. Et soyez reconnaissants. »
La miséricorde, la bonté, l’humilité, la douceur, la patience, le pardon – surtout le pardon -, et par-dessus tout, la charité, l’amour qui vient de Dieu, mais aussi la paix de Christ, et la reconnaissance !
Il y a ici tous mes ingrédients d’un mariage réussi !
Alors, chers Anne-Laure et Barthélémy, attendez-vous à Dieu afin qu’il vous aide à tenir vos engagements, et qu’il en soit de même pour tous les couples ici présents.
Voici donc les trois grandes et belles vérités sur lesquelles j’ai souhaité attirer votre attention aujourd’hui.
Et bien qu’il y aurait sans doute encore mille choses à dire, tellement ce mystère de l’union entre l’homme et la femme est grand et profond, je voudrais encore, pour terminer, attirer votre attention sur une quatrième vérité fondamentale que l’on occulte trop souvent aujourd’hui.
Cette vérité, c’est que le mariage n’est pas seulement l’union de deux individus, d’un homme et d’une femme, mais c’est aussi, comme me l’exprimait si bien un ami dont j’ai célébré l’union d’une de ses filles l’année passé, en Afrique : « l’opportunité que nous donnent nos enfants de marier deux familles » !
J’ai trouvé cela très juste.
Barthélémy et Anne-Laure, en unissant vos deux destinées, vos deux vies, vous offrez à vos familles respectives l’opportunité de s’unir aussi, de se marier.
En occident, on parle souvent de famille « nucléaire », parce que les jeunes générations oublient souvent cette dimension familiale du mariage, qui se réduit souvent quasi exclusivement à l’union de deux individus, une union devenue, du reste, extrêmement fragile, faute de fondement solide – pensez qu’en France près de 1 mariage sur 2 se soldent par un divorce !
La Parole de Dieu nous exhorte à voir les choses différemment, en honorant vraiment l’institution de la famille, afin que nous puissions être heureux.
Comme l’exprime le commandement de la Loi de Moïse – le seul commandement qui est suivi d’une promesse ! – :
« Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent, dans le pays que l’Eternel, ton Dieu, te donne » ! (Exode 20.12 ; Deutéronome 5.16)
Certes, il est écrit que l’homme doit quitter père et mère et s’attacher à sa femme, et cela aussi est une vérité fondamentale.
Le mariage crée une nouvelle entité, un nouveau foyer, et c’est désormais au sein de cette nouvelle entité que Anne-Laure et Barthélémy vont devoir se construire, s’aider mutuellement, et vivre de nouvelles relations d’autorité et d’amour, avec aussi, Dieu voulant, la merveilleuse perspective de devenir père et mère, au milieu des enfants qu’il plaira à Dieu de vous donner.
Mais que cela ne vous fasse pas oublier la recherche de la paix et de l’unité entre tous les membres de cette grande famille à laquelle vous appartenez.
Une famille unie, qui sait dépasser les clivages, tous ces murs de séparation que les hommes érigent entre eux.
Car c’est à l’Amour, à la Vie, à la Lumière que Dieu nous appelle.
C’est pour la Paix et la Réconciliation que le Christ est venu, et qu’il a donné sa vie, sur la Croix, et qu’il est ressuscité, et qu’Il reviendra bientôt, pour faire toutes choses nouvelles !
A Lui la gloire, pour les siècles des siècles.
Amen.
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